Que retenir de Vivatech 2018 ?

vivatech 2018

J’ai eu la chance de visiter le salon Vivatech 2018 qui s’est tenu cette semaine porte de Versailles (Merci @Anne!). Ce salon se veut le rendez-vous mondial des startups et des leaders, d’après leur site. Les chiffres annoncés par l’organisation donnent le tournis, et les affiches des conférences de jeudi notamment parlent d’elles-mêmes. Faites vous votre opinion:

  • Emmanuel Macron
  • Mark Zuckerberg (Facebook)
  • Satya Nadella (Microsoft)
  • Dara Khosrowshahi (Uber)
  • Ginni Rometty (IBM)

En bref, le meilleur de la tech mondiale était au rendez-vous, aidé par un calendrier facilité par le sommet Tech for Good organisé à l’Elysée la veille.

Au-delà des chiffres, que faut-il en retenir pour le secteur de l’assurance?

Vivatech 2018 ou le bouillonnement d’idées

Une demie journée à circuler dans les allées vous permettent de vous faire une idée assez précise des enjeux qui s’annoncent dans les années à venir. Tous les secteurs d’activités sont en pleine transformation et toutes les technologies sont sur la table. A l’image d’un concours Lépine de l’innovation, c’est à qui proposera la solution la plus folle, la plus farfelue ou la plus décoiffante.

vivatech 2018Tout n’est pas bon à prendre évidemment, mais pour n’importe qui d’entre nous, il est essentiel de mesurer pleinement la transformation à l’œuvre et d’en jauger les impacts potentiel. Quid de ces petits robots qui vous accueillent à l’entrée, remplaceront-ils un accueil physique? Quid de l’intelligence artificielle, tiendra-t-elle ses promesses?

Bref, dans l’effervescence même du salon, nous devons trouver de l’inspiration pour explorer notre avenir. Toutefois, cela ne saurait être suffisant, car tout l’enjeu est d’en trouver l’applicabilité à court moyen terme pour tracer le chemin vers la transformation de la société et des métiers.

Un secteur de l’assurance et du tertiaire financier peu présent

Côté Assureurs

Globalement, le secteur de l’assurance est peu représenté à Vivatech 2018. Un seul stand de grande entreprise du secteur (Matmut) est repéré, bien placé près de l’entrée. En étendant la réflexion plus largement au tertiaire financier, les banques sont également peu représentées (seule BNP Paribas a son espace).

Comment interpréter cette relative absence?

2 réponses possibles à cette question:

  • Le tertiaire financier n’a pas pris la mesure des changements en cours ou à venir
  • Vivatech 2018 n’a pas été perçu comme « the place to be » pour promouvoir la transformation en cours: trop cher, public mal ciblé, etc.

Dans les 2 cas, je m’interroge! Vivatech est désormais « The place to be » en matière d’innovation, que ce soit pour les pros, mais aussi pour le grand public, venu en nombre samedi. Les assureurs ne sont pas réputés pour être les plus précurseurs dans l’innovation, il ne semble pas inconcevable de vouloir mettre en avant ses démarches dans ce type de salon. De là à penser que nous sommes plutôt dans la première option, je n’ose y penser!

Côté startups

Les startups qui interviennent autour du monde de l’assurance étaient présentes, mais en relatif faible nombre. Elles sont souvent invitées par les incubateurs ou les écoles qui les portent. Au delà de l’intérêt de chacune de ces solutions, on peine à reconstituer la cohérence dans tout cela.

Un éclatement de solutions identiques

Côté innovation, car c’est le sujet qui nous intéresse ici, plusieurs points sont à noter.

Une catégorisation en 3 familles

L’essentiel des startups présentes pour le tertiaire financier peuvent être catégorisées dans 3 familles

  • Celles qui améliorent la collecte de données
  • Celles qui travaillent sur l’analyse de données (avec souvent l’application d’une couche métier)
  • Les startups qui se spécialisent sur l’action et l’application de solutions issues de l’analyse

Ce sont les axes d’analyse que j’utilise dans mon observatoire d’insurtechs et qui sont ici encore confirmés. Merci donc au BCG pour la lecture initiale que j’ai reprise (et améliorée!).

Dans les autres secteurs d’activité, les startups complètent cette vision avec des innovations technologiques matérielles (aéronautique, robots, impressions 3D), mais qui n’ont que peu d’usages dans le monde de l’assurance (en tout cas en première lecture, mais nous y reviendrons peut-être plus tard!).

Eclatement

Le principe des startups est de démarrer une activité en pensant pouvoir résoudre un problème mieux que d’autres.

La difficulté c’est que les premières marches à gravir sont les mêmes pour tout le monde, et que la vraie valeur arrive ensuite. Ainsi, le paysage de startup se trouve extrêmement éclaté, en France, mais aussi à l’étranger. De nombreuses structures proposent des solutions équivalentes, pour ne pas dire les mêmes, avec des promesses d’avenir passionnantes. Or, chacun souhaitant maitriser sa valeur, on observe un éclatement de structure alors que la force viendrait d’une union pour avancer plus vite. Par exemple, dans ces unions de startups, certaines équipes pourraient se concentrer sur des briques applicatives communes, alors que d’autres seraient concentrées sur de la recherche applicative. Elles seraient toujours aussi agiles, mais surtout plus fortes et plus à même d’apporter la vraie valeur qu’elles promettent.

 

En bref, Vivatech 2018 vaut pour la diversité et la globalité des solutions présentées. Je reste cependant sur ma faim sur mon périmètre d’activité!

Les défis techniques que pose la téléassistance à la personne

téléassistance

J’avais en janvier dernier ouvert mon blog à tout intervenant qui souhaitait apporter un éclairage sur un aspect de l’innovation dans l’assurance. Catherine Marquèze d’InfleXsys et Boris Dumontet de Vitalbase ont eu l’amabilité de se prendre au jeu de l’écriture ! Ils nous proposent ici quelques éléments de compréhension autour de la téléassistance à la personne, qui viennent compléter l’article publié il y a quelques mois sur VA²CS. Je reprends leur texte presque sans modification, en espérant que vous trouviez ici autant de valeur que moi ! Merci à eux ! Continuer la lecture de « Les défis techniques que pose la téléassistance à la personne »

Les assureurs ont besoin d’un loup

les assureurs ont besoin d'un loup

Une vidéo partagée il y quelques temps sur Linkedin a attiré mon attention. Après l’avoir vue, je me suis dit que les assureurs ont besoin d’un loup! Je ne suis pas un fervent adepte des softs skills et des aspects humains ou RH! Cependant, ce sont aujourd’hui des sujets incontournables qu’il convient d’interroger. Le fond (technique et organisationnel) de l’innovation ne peut aller sans la forme!

Contexte

Voici donc la vidéo en question

Pour en savoir plus sur ce phénomène, vous pouvez également cet article.

En bref, des loups ont été réintroduits dans le parc National Yellowstone aux Etats-Unis. Les conséquences ont été étonnantes: retour et développement d’espèces animales et végétales, modification de l’écosystème et de l’apparence géographique des lieux!

Pourquoi les assureurs ont besoin d’un loup?

Une morale peut être tirée de cette vidéo et de l’observation de cette situation:

  • D’une part, les actions que nous faisons n’ont pas les conséquences que l’on imagine
  • D’autre part, et c’est plus important, il faut souvent penser hors des sentiers battus et chercher de nouvelles solutions pour répondre à des difficultés récurrentes ou historiques.

Si l’on s’en tient à ce dernier point, et que l’on essaie d’extrapoler la situation à la situation d’un assureur, que peut-on en tirer comme conclusions? On voit souvent chez nos amis assureurs quelques réticences au changement. Il existe des difficultés, soit historiques, soit techniques, soit organisationnelles à une nécessaire transformation. La réglementation « protège » ces acteurs des nouveaux entrants, mais pour combien de temps encore. De plus, nous nous interrogeons souvent, nous consultants, sur les moyens à envisager pour insuffler l’innovation dans les organisations.

J’évoquais la semaine dernière les évolutions comportementales qui peuvent être, dans une certaine mesure, manipulées grâce aux nudges.

On voit donc également qu’il est possible d’exploiter des stratégies à rebond: jouer sur les effets secondaires inattendus d’une action qui, au premier abord, semble sortir de la zone de confort!

Ainsi, je préconiserais une maxime: comme le parc Yellowstone, les assureurs ont besoin d’un loup. Il s’agit donc à chacun de trouver son loup!

Quel loup ?

Quel loup peut être de nature à appuyer la transformation de l’assurance. Selon moi, il peut prendre plusieurs formes:

  • Le loup-femme: incroyable de devoir encore écrire cela au 21ème siècle, mais nommer plus de femmes aux COMEX apparaît encore comme une action hors de la zone de confort des assureurs… No comment! Le loup-femme chassera les inégalités et favorisera une émulation au sein de vos collaboratrices féminines!
  • Le loup-jeune (à ne pas confondre avec le jeune loup): Les nouvelles générations apportent une vision nouvelle des processus, des procédures ou des outils. Je ne rentre pas dans les débats de vocabulaire (Millenial, Génération Y, ou encore Z). En revanche, il semble certain que cela apporte un vent de fraîcheur qui est de nature à challenger une organisation. Reste à savoir l’écouter! Le loup-jeune chasse les traditions et favorise donc la renaissance des processus en les questionnant dans leur intégralité.
  • Le loup-senior: Avec son expérience, il peut faire monter en compétence toute une équipe ou être extrêmement complémentaire d’une équipe d’innovation interne pour apporter son expertise! Le loup-senior chasse l’approximation propre à beaucoup d’équipes créatives et innovantes en ajoutant un peu de lest à l’imagination pour tout de même savoir rester pragmatique.
  • Le loup-extérieur: Recruter en dehors du domaine de l’assurance est à première vue contre-productif. Toutefois, cela peut croiser les bonnes pratiques avec d’autres secteurs d’activité, et faciliter les questionnements. Le loup-extérieur chasse les habitudes et amène directement avec lui des nouvelles espèces.

Cette liste est évidemment extensible presque à l’infini. L’important est de diversifier les points de vue. En effet, l’innovation et la créativité sont les fruits d’une prise de recul, d’une expérience, et d’une ouverture d’esprit! Si vous le souhaitez, nous pouvons chercher votre loup ensemble!

En cette période hivernale et d’entretiens, cet état d’esprit est un terreau essentiel pour préparer naturellement le terrain pour vos semis du printemps.