Cap Gemini – World Insurance Report 2018

world insurance report 2018

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Cap Gemini et Efma ont publié leur rapport annuel intitulé World Insurance Report 2018 la semaine dernière. Ce rapport est habituellement l’occasion d’un tour d’horizon intéressant sur ce qui se passe sur le marché. J’avais rédigé un article sur la version 2017 de ce rapport. Que faut-il retenir de cette édition ?

Points à retenir du World Insurance Report 2018 de Cap Gemini

Du fait de la longueur, l’article est séparé en 3 pages, pour chacun des chapitres.

Si les résultats de l’étude apporte des chiffres bienvenus, le contenu du World insurance report 2018 est malheureusement très fouillis et ne donne pas vraiment de lecture propre à expliciter la situation.

Accélérer la transformation digitale

Un nécessaire rattrapage ?

world insurance report 2018L’assurance se positionne 3ème au classement du score d’expérience client (Note: aucune explication n’est fournie sur la mesure de cet indicateur). Ce chiffre apparaît comme très bon. En revanche, dès lors que l’on s’intéresse à la note d’expérience client positive, le résultat se dégrade. C’est notamment le cas en comparant les résultats avec le secteur bancaire.

world insurance report

Il semble donc clair que l’assurance doit opérer un rattrapage sur ces questions là. Le rapport cite par exemple la meilleure capacité des banques a exploiter la technologie pour bénéficier des points de contacts avec les clients. (Note: Certes, mais il est indéniable et bien connu que l’assurance connaît un déficit naturel de points de contacts avec la banque, les enjeux ne sont donc pas les mêmes: pour la banque les exploiter, pour l’assurance les générer…).

En poussant l’analyse sur la satisfaction autour des services essentiels, un écart significatif apparaît sur la simplicité d’utilisation: 36% de satisfaits par rapport à 47% dans la banque! L’écart est également important en ce qui concerne la rapidité du service.

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Variations régionales

Des variantes régionales existent, notamment si l’on compare les niveaux de satisfaction entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Si les Français sont d’éternels insatisfaits, ce n’est pas le cas de tous les Européens. L’écart est d’ailleurs suffisamment important pour que cela attire l’attention!

Le digital, un levier pour casser les limites traditionnels sur les interactions avec les clients

La communication via les canaux digitaux est désormais bien intégrée, et c’est désormais le mobile qui prend de l’importance! 40% des interrogés considèrent qu’une application mobile est un canal important.

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Parmi les arguments invoqués, celui, classique de la facilité (car commun à pleins d’autres usages de la vie quotidienne) et l’autre plus nouveau sur la personnalisation et les services individualisés.

L’adoption du digital est un facteur essentiel et ouvre de nouveaux horizons pour l’assurance. Tout d’abord cela génère une augmentation du nombre de points de contact. Ainsi, cela crée de nouvelles opportunités commerciales. Les nouveaux services qui sont associés à ces usages sont aussi l’occasion d’améliorer l’acquisition et la rétention de clients.

Proactivité

Il existe une marge de progression sur la proactivité des offres d’assurance! Là où il est souvent question de savoir si l’assurance en fait trop ou pas assez à destination de ses clients, la réponse est nette!

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En allant même plus loin, la proactivité de l’assureur a un impact positif sur la satisfaction des assurés.

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De nouveaux challenges à mesure que la technologie fait des progrès

Les exemples sont nombreux parmi les GAFA ou autres grandes multinationales de la tech d’incursion dans le périmètre du secteur financier. L’assurance est une des cibles récurrentes d’Amazon, Apple, Alibaba ou encore Alphabet (Google). Ce type de concurrence impose aux acteurs traditionnels de changer de braquet pour se transformer en accélérant le rythme. En effet, de plus en plus d’assurés se disent près à souscrire un contrat auprès de géant de la tech. Ils sont 1/5 à se positionner comme tel en Europe et 1/3 en Amérique du Nord et jusqu’à 40% en Asie et 50% en Amérique Latine!

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Enfin, si les problématiques de sécurité sont encore dans toutes les têtes, les assurés sont de plus en plus enclins à partager leurs données en échange de services personnalisés et de valeurs additionnelles.

world insurance report 2018 world insurance report 2018

Pour conclure, la propension à basculer d’un assureur traditionnel vers une entreprise de la tech peut être analysée d’un point de vue démographique. En effet, certains groupes sont plus favorables que d’autres (les technophiles et la génération Y), du fait d’une expérience client jugée insuffisante. (Note: C’est le commencement de l’adoption par les early-adopters)world insurance report 2018

Que retenir de Vivatech 2018 ?

vivatech 2018

J’ai eu la chance de visiter le salon Vivatech 2018 qui s’est tenu cette semaine porte de Versailles (Merci @Anne!). Ce salon se veut le rendez-vous mondial des startups et des leaders, d’après leur site. Les chiffres annoncés par l’organisation donnent le tournis, et les affiches des conférences de jeudi notamment parlent d’elles-mêmes. Faites vous votre opinion:

  • Emmanuel Macron
  • Mark Zuckerberg (Facebook)
  • Satya Nadella (Microsoft)
  • Dara Khosrowshahi (Uber)
  • Ginni Rometty (IBM)

En bref, le meilleur de la tech mondiale était au rendez-vous, aidé par un calendrier facilité par le sommet Tech for Good organisé à l’Elysée la veille.

Au-delà des chiffres, que faut-il en retenir pour le secteur de l’assurance?

Vivatech 2018 ou le bouillonnement d’idées

Une demie journée à circuler dans les allées vous permettent de vous faire une idée assez précise des enjeux qui s’annoncent dans les années à venir. Tous les secteurs d’activités sont en pleine transformation et toutes les technologies sont sur la table. A l’image d’un concours Lépine de l’innovation, c’est à qui proposera la solution la plus folle, la plus farfelue ou la plus décoiffante.

vivatech 2018Tout n’est pas bon à prendre évidemment, mais pour n’importe qui d’entre nous, il est essentiel de mesurer pleinement la transformation à l’œuvre et d’en jauger les impacts potentiel. Quid de ces petits robots qui vous accueillent à l’entrée, remplaceront-ils un accueil physique? Quid de l’intelligence artificielle, tiendra-t-elle ses promesses?

Bref, dans l’effervescence même du salon, nous devons trouver de l’inspiration pour explorer notre avenir. Toutefois, cela ne saurait être suffisant, car tout l’enjeu est d’en trouver l’applicabilité à court moyen terme pour tracer le chemin vers la transformation de la société et des métiers.

Un secteur de l’assurance et du tertiaire financier peu présent

Côté Assureurs

Globalement, le secteur de l’assurance est peu représenté à Vivatech 2018. Un seul stand de grande entreprise du secteur (Matmut) est repéré, bien placé près de l’entrée. En étendant la réflexion plus largement au tertiaire financier, les banques sont également peu représentées (seule BNP Paribas a son espace).

Comment interpréter cette relative absence?

2 réponses possibles à cette question:

  • Le tertiaire financier n’a pas pris la mesure des changements en cours ou à venir
  • Vivatech 2018 n’a pas été perçu comme « the place to be » pour promouvoir la transformation en cours: trop cher, public mal ciblé, etc.

Dans les 2 cas, je m’interroge! Vivatech est désormais « The place to be » en matière d’innovation, que ce soit pour les pros, mais aussi pour le grand public, venu en nombre samedi. Les assureurs ne sont pas réputés pour être les plus précurseurs dans l’innovation, il ne semble pas inconcevable de vouloir mettre en avant ses démarches dans ce type de salon. De là à penser que nous sommes plutôt dans la première option, je n’ose y penser!

Côté startups

Les startups qui interviennent autour du monde de l’assurance étaient présentes, mais en relatif faible nombre. Elles sont souvent invitées par les incubateurs ou les écoles qui les portent. Au delà de l’intérêt de chacune de ces solutions, on peine à reconstituer la cohérence dans tout cela.

Un éclatement de solutions identiques

Côté innovation, car c’est le sujet qui nous intéresse ici, plusieurs points sont à noter.

Une catégorisation en 3 familles

L’essentiel des startups présentes pour le tertiaire financier peuvent être catégorisées dans 3 familles

  • Celles qui améliorent la collecte de données
  • Celles qui travaillent sur l’analyse de données (avec souvent l’application d’une couche métier)
  • Les startups qui se spécialisent sur l’action et l’application de solutions issues de l’analyse

Ce sont les axes d’analyse que j’utilise dans mon observatoire d’insurtechs et qui sont ici encore confirmés. Merci donc au BCG pour la lecture initiale que j’ai reprise (et améliorée!).

Dans les autres secteurs d’activité, les startups complètent cette vision avec des innovations technologiques matérielles (aéronautique, robots, impressions 3D), mais qui n’ont que peu d’usages dans le monde de l’assurance (en tout cas en première lecture, mais nous y reviendrons peut-être plus tard!).

Eclatement

Le principe des startups est de démarrer une activité en pensant pouvoir résoudre un problème mieux que d’autres.

La difficulté c’est que les premières marches à gravir sont les mêmes pour tout le monde, et que la vraie valeur arrive ensuite. Ainsi, le paysage de startup se trouve extrêmement éclaté, en France, mais aussi à l’étranger. De nombreuses structures proposent des solutions équivalentes, pour ne pas dire les mêmes, avec des promesses d’avenir passionnantes. Or, chacun souhaitant maitriser sa valeur, on observe un éclatement de structure alors que la force viendrait d’une union pour avancer plus vite. Par exemple, dans ces unions de startups, certaines équipes pourraient se concentrer sur des briques applicatives communes, alors que d’autres seraient concentrées sur de la recherche applicative. Elles seraient toujours aussi agiles, mais surtout plus fortes et plus à même d’apporter la vraie valeur qu’elles promettent.

 

En bref, Vivatech 2018 vaut pour la diversité et la globalité des solutions présentées. Je reste cependant sur ma faim sur mon périmètre d’activité!

Rapport de Cédric Villani sur l’Intelligence Artificielle

rapport de cédric villani sur l'intelligence artificielle

Le député Cédric Villani, célèbre mathématicien français, s’est vu confier par le 1er ministre une mission d’information sur la stratégie française autour de l’Intelligence Artificielle. Le rapport vient d’être publié et fait la bagatelle de 235 pages! Je vous propose les points clés à retenir. Sachez toutefois que sans tout lire, les auteurs ont eu la bonne idée de détailler considérablement le plan et de proposer une synthèse intitulée « Le rapport en 10 pages ». J’apprécie considérablement l’effort ;-)! Continuer la lecture de « Rapport de Cédric Villani sur l’Intelligence Artificielle »

UBS Assurtech Asie en mouvement

UBS Assurtech Asie en mouvement

Le Chief Investment Officer d’UBS a publié en fin 2017 un rapport « UBS Assurtech Asie en mouvement » (UBS – Insurtech Shifting Asia dans son titre originel). Le rapport est en anglais mais je vous en propose ci-dessous un relevé des points clés, et ce qu’il faut en retenir.

Points clés à retenir de UBS Assurtech Asie en mouvement:

  • L’Asie est l’un des marchés les moins couverts par l’assurance et où les perspectives de rattrapage sont énormes
  • Les insurtechs ont la possibilité de transformer ce marché plus qu’aucun autre. Elles pourraient générer par exemple jusqu’à 300milliards de dollars d’économies d’ici 2025.
  • La concurrence est rude sur le continent et force à améliorer la qualité de service ainsi qu’à trouver des critères de différenciation
  • Les clients vont être les grands gagnants de l’arrivée des insurtechs.
  • Les actions de prévention par l’incitation pourraient amener à des effets significatifs sur des portefeuilles risqués et donc des améliorations notoires au bénéfice de la société.

Continuer la lecture de « UBS Assurtech Asie en mouvement »

ACPR – Révolution numérique de l’assurance

révolution numérique de l'assurance

L’ACPR, l’organe de référence du secteur de la banque et de l’assurance publie un rapport sur la révolution numérique de l’assurance. Ces équipes sont d’ordinaire plus habituées aux mises en garde et aux rappels à la réglementation. S’ils estiment nécessaire de publier à ce sujet, il est intéressant de se pencher sur le contenu de ce rapport, pour voir ce qu’il peut apporter à la discussion. Continuer la lecture de « ACPR – Révolution numérique de l’assurance »

Inspeer.me et l’assurance collaborative affinitaire

assurance collaborative affinitaire

La startup inspeer.me se positionne sur le segment de l’assurance collaborative affinitaire. J’ai eu l’occasion d’avoir un échange téléphonique avec sa co-fondatrice, Emmanuelle Mury, il y a quelques temps. J’en profite pour vous en dire un peu plus sur son activité!

Un peu d’histoire

Inspeer.me a été lancé en 2015 autour d’un produit dédié à la mutualisation de la franchise d’assurance. Ce produit permettait, sans changer d’assureur et de contrat, de mutualiser sa franchise au sein d’un groupe. Indirectement, cela ouvrait la possibilité pour les assurés de renégocier avec leur assureur une franchise plus élevée.

L’offre a progressivement évolué, pour mieux s’adapter aux besoins des clients, et contourner les difficultés inhérentes à la notion de communauté d’une part, et celle de produit collaboratif d’autre part!

Trois questions identitaires autour de l’assurance affinitaire collaborative

Comment adresser la notion de communauté?

Un des premiers retours d’expérience d’Inspeer, est que la communauté ne se décrète pas! En clair, il ne suffit pas de montrer aux gens qu’ils ont un point commun, un intérêt commun ou des affinités pour qu’ils considèrent pertinent d’aligner leurs démarches!

assurance collaborative affinitaire

Ainsi, il est illusoire de penser que l’on peut laisser à l’assuré l’initiative de la démarche de rapprochement. La communauté ne se crée pas, il s’agit plutôt de mieux savoir segmenter les besoins existants pour y apporter une réponse pertinente! On se trouve à mi-chemin entre des offres grand public, de masse et peu différenciées, et des offres (ou surtout des tarifs) totalement individualisées. C’est tout le concept de l’assurance affinitaire, qui existe déjà, mais qu’il est désormais possible d’affiner.

Qu’est ce qu’un produit collaboratif?

Par la nature même de l’assurance, tous les produits sont « collaboratifs ». En effet, ils visent à mutualiser un risque! Dans le cas qui nous intéresse, les produits dits « collaboratifs » ont vocation:

  • Soit à effectuer cette mutualisation sur un groupe de personnes restreint et connu (une communauté par exemple). Dans ce cas, l’effet recherché est la volonté de ne pas payer pour des mauvais conducteurs par exemple, en mettant en avant la connaissance et la confiance en la dite communauté.
  • Soit de faire porter le risque différemment: partage de franchise par exemple (c’était le produit d’origine d’inspeer.me). Dans ce cas, il s’agit de pouvoir envisager la relation avec l’assureur de manière différente. C’est le même principe que de l’auto assurance ou de la conservation, mais on choisit de réassurer cette franchise au sein d’un groupe connu.

Dans la plupart des cas connus existants, cette notion de collaboratif va jusqu’au reversement de la part de prime perçue et non utilisée à des œuvres charitables. Je pense notamment à Lemonade dans ce cas, qui a poussé l’exercice le plus loin: cet argument incite selon lui les gens à faire attention et ne pas trop « consommer » l’assurance!

Quel sens peut-on donner à son produit d’assurance

Enfin, le dernier point soulevé par la démarche d’Inspeer.me est la notion du sens à donner à son produit d’assurance. En effet, les personnes qui pourraient être intéressées par la notion d’assurance collaboratives ont tendance à indiquer qu’elle souhaite que leur assurance ne soit pas juste un produit financier. Ces individus s’intéressent au rôle social et sociétal de leur action et sont souvent attirées par les entreprises du monde de l’économie sociale et solidaire.

Les perspectives d’Inspeer.me et de l’assurance collaborative affinitaire

Bref, côté Inspeer.me, forts de ces constats et de leur première expérience, les produits se sont améliorés. Ainsi, plutôt que de chercher à créer la communauté de toute pièce, ils sont partis d’usages communs qui supposaient l’existence d’une communauté (plus ou moins formalisée et constituée). Ainsi est née l’assurance pour les véhicules électriques.

En effet, les conducteurs de ce types de véhicules ne trouvaient pas d’assurance satisfaisante (mauvaise ou absence de couverture de la batterie par exemple) et ont des comportements similaires (plus prudents, pour préserver la batterie de ces véhicules et volonté d’exploiter ces véhicules au mieux).

Le produit a été co-construit sur et avec les réseaux sociaux, de manière participative, pour bien intégrer les besoins et les usages.

Le produit a été lancé en juillet 2017, il est donc trop tôt pour en tirer des enseignements, mais les premiers résultats sont plutôt encourageants.

Conclusion sur l’assurance collaborative affinitaire d’Inspeer

Dans la lignée de ce que j’écrivais il y a quelques temps, il apparaît que chercher à modifier le comportement pour le faire tenir dans une offre produit standardisée ne fonctionne pas. Quand bien même cette offre serait collaborative! Ainsi, c’est bien la spécialisation des offres pour être les plus ajustées possibles aux usages qui peut intéresser et changer la donne.

C’est en ce sens que j’indiquais dans mes 6 prédictions pour 2018 que la refonte des offres me semble nécessaire et souhaitable!

Inspeer a semble-t-il trouvé une piste intéressante à creuser, il reste à savoir s’il est possible (et comment) de trouver d’autres communautés pertinentes pour étendre l’activité.

Matteo Carbone – 4P des insurtechs

4P des insurtechs

Matteo Carbone est un leader d’opinion du milieu des insurtechs, et connu aujourd’hui comme l’un des plus en vue sur le marché. Il a créé l’observatoire de l’assurance connecté (Connected Insurance Observatory), un groupe de travail international, d’abord européen, puis sur l’Amérique du Nord, dédié aux insurtechs. Matteo participe à de nombreuses conférences autour du monde tout au long de l’année. Il y déroule sa théorie des 4P des insurtechs, et je voulais depuis longtemps en faire une présentation.

Les 4P des insurtechs

Avant toute chose, vous pouvez écouter Matteo Carbone dans sa présentation lors du Global Insurance Symposium à Des Moines en 2017.

Vous pouvez par ailleurs, retrouver les slides à ce lien, si vous êtes un aficionado de sa prose, sans vouloir écouter son merveilleux accent anglais!

Les points clés à retenir

Selon Matteo Carbone, les insurtechs peuvent intervenir sur 4 axes:

  • Productivité: être plus efficient
  • Profitabilité: obtenir un meilleur résultat technique
  • Proximité: être plus proche du client et de ses besoins
  • Pérennité du portefeuille (le terme qu’il utilise est « Persistency » qui signifie plutôt la persistance dans le temps, et donc l’absence d’attrition) : Construire un portefeuille rentable sur le long terme, avec une faible rotation.

En l’absence de ces objectifs, il n’y a pas d’intérêt à innover car la solution n’apportera rien d’utile.

La télématique

Le 2ème sujet abordé dans cette présentation est la télématique, car c’est l’un des sujets phares de Matteo Carbone. Le rapport de Swiss Re dont je me faisais l’écho il y a quelques mois est directement travaillé avec lui, lorsqu’il s’agit de l’exemple italien.

3 sujets sont à considérer:

  • L’objet connecté: souvent une boite noire raccordée au véhicule
  • La couverture assurantielle: et la notion de réduction incitative qui y est associée
  • Les services associés: l’accès à un ensemble de services additionnels qui peuvent être fournis pour un tarif fixe.

Sous les arguments que la télématique permet d’elle-même et naturellement une sélection des meilleurs risques (Note: c’est discutable) et un meilleur contrôles des indemnisations (Note: ça en revanche, je partage), il arrive à la conclusion que le résultat financier de l’assureur est amélioré grâce à cette technologie.

4P des insurtechs

Il est également possible de retravailler l’expérience client sur l’intégralité de son usage du véhicule et des différents besoins qui pourraient être pertinent. Note: cet aspect est tout à fait essentiel, car c’est des usage que l’on en déduit l’exploitation que l’on peut faire des technologies.

4P des insurtechs

Enfin, les chiffres qu’il présentent montrent que l’attrition serai plus faible avec la télématique que sans (11% au lieu de 14%).

Bref, que des points positifs!

Ma conclusion

Je partage pas mal des conclusions de Matteo.

En me lisant, vous aurez compris que les questions de l’usage et du besoin métier m’intéressent en 1er lieu. Les 4P des insurtechs sont une clé de lecture qu’il est intéressant de garder en tête.

Côté Télématique, je suis également convaincu des perspectives à court/moyen terme sur le sujet. Je vous invite à relire ma note à ce sujet. Discutons-en si vous voulez envisager un déploiement!

RAPPORT KleinBlue – Benchmark Les assureurs face aux insurtechs

Benchmark Les assureurs face aux insurtechs

Le cabinet Klein Blue a publié 2 rapports assez remarqués sur le marché sur le sujet des insurtechs. Le premier, Panorama insurtech France a été publié en juin 2017. Le second, « Benchmark Les assureurs face aux insurtechs et acteurs innovants« , a été publié en décembre 2017. Ils viennent confirmer la volonté de positionnement du cabinet (et son associé Salim Echoukry) comme un accompagnateur de qualité pour des assureurs qui se posent des questions quant à leur stratégie d’innovation sur le marché. Je commence l’année par ne pas prendre de retard et traite donc ici du dernier publié ! Continuer la lecture de « RAPPORT KleinBlue – Benchmark Les assureurs face aux insurtechs »

Innovation Assurance – Mes 6 prédictions pour 2018

6 prédictions pour 2018

Comme il est fréquent en ce début d’année, je vais moi aussi tomber dans le jeu des prédictions pour l’année à venir. Avec mes 6 prédictions pour 2018, voici donc les 6 sujets qui, selon moi, feront 2018 sur l’innovation dans l’assurance :

Objets connectés

Je pense que le moment est bon pour lancer des offres complètes autour de la télématique embarquée dans les voitures, les smart homes ou les wearables. Quand je pense à offres complète, cela ne signifie pas uniquement capture de données des utilisateurs. C’est aussi, surtout et avant tout, fournir des services à ces assurés ou exploiter ces outils pour mettre en place de nouvelles politiques de prévention.

Refonte des offres

C’est peut-être le corollaire du point précédent, mais un peu plus large, une refonte des offres. Il est temps de réfléchir l’offre de produits d’assurance comme l’élément structurant de la chaine de valeur de l’assurance, depuis la prévention, jusqu’au sinistre, et passant par l’ajout de service. Par exemple, l’amélioration de la gestion des sinistres ne passera un cap complémentaire que quand les produits seront pensés pour être gérés rapidement et simplement.

Plateformes

Je parle souvent ici de décomposition de la chaine de valeur avec la mise en place d’experts à tous les niveaux, à savoir, des porteurs de risques, des distributeurs et des gestionnaires, pour la partie purement assurantielle, mais aussi des prestataires de services en écosystèmes qu’il s’agira de mobiliser intelligemment. L’avènement des plateformes visera donc à s’orienter vers ce type d’organisation où chacun devra trouver sa place !

API

Conséquence directe du point précédent, si un même contrat doit concerner de multiples interlocuteurs, la notion d’interface entre ceux-ci est essentielle. La maturité sur ces questions a grandement progressé dans les dernières années. De simples flux EDI (comme ceux qui sont encore utilisés pour le tiers payant par exemple), on est passés à des webservices évolués mais parfois compliqués à mettre en place. Puis, on en vient désormais à exposer de vrais services complets, par le biais de webservices ou d’API pour accéder aux données sans nécessairement changer les architectures techniques de manière structurante.

Assurance « cyber »

Les besoins sur ce segment sont en train d’exploser, et il s’agira d’apporter une réponse intelligente qui éviter l’écueil du risque systémique! Pour ma part, ici plus qu’ailleurs, cela signifie aider à prévenir et réduire les risques en amont pour éviter les attaques les plus fréquentes. Côté technologie, le maillon faible est toujours d’abord et avant tout l’humain, il s’agit d’intégrer cela dans la réflexion! Au fait, comment vous gérez vos mots de passe?

Une expérience utilisateur au cœur de toutes les démarches

Les dernières années ont été majoritairement consacrées (sauf pour les plus en avance) à des travaux autour de l’efficience des processus, et comment faire aussi bien pour moins cher ! Il s’agit désormais de s’intéresser à faire mieux pour le même prix, voire mieux pour moins cher. Mieux signifie ici mieux du point de vue du client, car l’essentiel est de lui simplifier la vie, supprimer les irritants. C’est donc bien la demande client qui doit être au centre des futures optimisations.

Il va sans dire que Siltéa et moi-mêmes sommes en mesure de vous accompagner sur ces 6 prédictions pour 2018! N’hésitez pas à me contacter.

Et vous? Qu’en pensez-vous? En avez-vous d’autres?