Panorama insurtechs Juin 2018

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La mise à jour de mon panorama insurtechs continue avec 15 ajouts en juin 2018. Vous trouverez la mise à jour ici. Ce sont désormais 179 startups qui sont documentées, provenant de 27 pays.
Par ailleurs, je vous annonce qu’il y aura un nouveau site d’ici quelques semaines pour porter un projet qui me tient à coeur autour de l’innovation dans l’assurance. Je n’en dis pas plus pour l’instant, mais cela ne tardera pas!

Ajouts au Panorama Insurtechs juin 2018

Au menu des ajouts d’aujourd’hui:

  • Get me ins: * Prédiction et réduction de cas de fraude à la source * Automatisation de sinistres * Evaluation de coûts * Amélioration de l’engagement client.
  • Insurance Drip: * Solution de marketing digital dédié aux courtiers et agents d’assurance (sites web, newsletter, générateur de recommandations, campagnes de fidélisations, etc.).
  • Insure App: * Plateforme d’asssurance personnalisée et contextualisée * Pay-how-you-drive * Assurance santé contextuelle * Assurance à la demande et juste à temps * Analyse de données, détermination de profils et segmentations, modélisation prédictive, propositions en temps réel.
  • Jamii: * Micro assurance santé.
  • Nuvalaw: * Accélère le traitement des contentieux par une analyse en masse des documents juridiques.
  • Tapoly: * Assurance à la demande dédiée aux travailleurs indépendants et seuls.
  • Vlocity: * Plateforme cloud qui propose des outils de distribution et gestion de contrats d’assurance * Agent virtuel personnalisé.
  • Riskattitude: * Mise à disposition d’outils virtuel d’estimation et d’analyse du risque.
  • Insurnext: * Création de sites web modernes et réactifs dédiés au monde de l’assurance.
  • Cogito Corp: * Intelligence humaine augmentée par l’intelligence artificielle.
  • Cyquant: * Aide à la souscription de risques cyber en facilitant l’estimation du risque.
  • Jooycar: * Plateforme de véhicules connectés * Analyse en temps réel des données pour proposer des produits d’assurances contextualisés adaptés à la situation.
  • Hello Zum: * Centralisation des données d’assurance au même endroit et mise à disposition de toutes les parties * Le client est au centre.
  • So sure: * Assurance collaborative avec rétrocession de la part non utilisée de la prime.
  • Monuma: * Conseil et accompagnement patrimonial * Blockchain dédiée aux œuvres d’art.

Contactez-moi si vous n’apparaissez pas encore dans le panorama insurtechs!

Cap Gemini – World Insurance Report 2018

world insurance report 2018

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Cap Gemini et Efma ont publié leur rapport annuel intitulé World Insurance Report 2018 la semaine dernière. Ce rapport est habituellement l’occasion d’un tour d’horizon intéressant sur ce qui se passe sur le marché. J’avais rédigé un article sur la version 2017 de ce rapport. Que faut-il retenir de cette édition ?

Points à retenir du World Insurance Report 2018 de Cap Gemini

Du fait de la longueur, l’article est séparé en 3 pages, pour chacun des chapitres.

Si les résultats de l’étude apporte des chiffres bienvenus, le contenu du World insurance report 2018 est malheureusement très fouillis et ne donne pas vraiment de lecture propre à expliciter la situation.

Accélérer la transformation digitale

Un nécessaire rattrapage ?

world insurance report 2018L’assurance se positionne 3ème au classement du score d’expérience client (Note: aucune explication n’est fournie sur la mesure de cet indicateur). Ce chiffre apparaît comme très bon. En revanche, dès lors que l’on s’intéresse à la note d’expérience client positive, le résultat se dégrade. C’est notamment le cas en comparant les résultats avec le secteur bancaire.

world insurance report

Il semble donc clair que l’assurance doit opérer un rattrapage sur ces questions là. Le rapport cite par exemple la meilleure capacité des banques a exploiter la technologie pour bénéficier des points de contacts avec les clients. (Note: Certes, mais il est indéniable et bien connu que l’assurance connaît un déficit naturel de points de contacts avec la banque, les enjeux ne sont donc pas les mêmes: pour la banque les exploiter, pour l’assurance les générer…).

En poussant l’analyse sur la satisfaction autour des services essentiels, un écart significatif apparaît sur la simplicité d’utilisation: 36% de satisfaits par rapport à 47% dans la banque! L’écart est également important en ce qui concerne la rapidité du service.

world insurance report 2018

Variations régionales

Des variantes régionales existent, notamment si l’on compare les niveaux de satisfaction entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Si les Français sont d’éternels insatisfaits, ce n’est pas le cas de tous les Européens. L’écart est d’ailleurs suffisamment important pour que cela attire l’attention!

Le digital, un levier pour casser les limites traditionnels sur les interactions avec les clients

La communication via les canaux digitaux est désormais bien intégrée, et c’est désormais le mobile qui prend de l’importance! 40% des interrogés considèrent qu’une application mobile est un canal important.

world insurance report 2018

Parmi les arguments invoqués, celui, classique de la facilité (car commun à pleins d’autres usages de la vie quotidienne) et l’autre plus nouveau sur la personnalisation et les services individualisés.

L’adoption du digital est un facteur essentiel et ouvre de nouveaux horizons pour l’assurance. Tout d’abord cela génère une augmentation du nombre de points de contact. Ainsi, cela crée de nouvelles opportunités commerciales. Les nouveaux services qui sont associés à ces usages sont aussi l’occasion d’améliorer l’acquisition et la rétention de clients.

Proactivité

Il existe une marge de progression sur la proactivité des offres d’assurance! Là où il est souvent question de savoir si l’assurance en fait trop ou pas assez à destination de ses clients, la réponse est nette!

world insurance report 2018

En allant même plus loin, la proactivité de l’assureur a un impact positif sur la satisfaction des assurés.

world insurance report 2018

De nouveaux challenges à mesure que la technologie fait des progrès

Les exemples sont nombreux parmi les GAFA ou autres grandes multinationales de la tech d’incursion dans le périmètre du secteur financier. L’assurance est une des cibles récurrentes d’Amazon, Apple, Alibaba ou encore Alphabet (Google). Ce type de concurrence impose aux acteurs traditionnels de changer de braquet pour se transformer en accélérant le rythme. En effet, de plus en plus d’assurés se disent près à souscrire un contrat auprès de géant de la tech. Ils sont 1/5 à se positionner comme tel en Europe et 1/3 en Amérique du Nord et jusqu’à 40% en Asie et 50% en Amérique Latine!

world insurance report 2018

Enfin, si les problématiques de sécurité sont encore dans toutes les têtes, les assurés sont de plus en plus enclins à partager leurs données en échange de services personnalisés et de valeurs additionnelles.

world insurance report 2018 world insurance report 2018

Pour conclure, la propension à basculer d’un assureur traditionnel vers une entreprise de la tech peut être analysée d’un point de vue démographique. En effet, certains groupes sont plus favorables que d’autres (les technophiles et la génération Y), du fait d’une expérience client jugée insuffisante. (Note: C’est le commencement de l’adoption par les early-adopters)world insurance report 2018

Panorama insurtechs du 20 mai 2018

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La mise à jour de mon panorama insurtechs continue avec 14 ajouts le 20 mai 2018. Vous trouverez la mise à jour ici. Ce sont désormais 164 startups qui sont documentées, provenant de 22 pays.
Par ailleurs, je vous annonce qu’il y aura un nouveau site d’ici quelques semaines pour porter un projet qui me tient à coeur autour de l’innovation dans l’assurance. Je n’en dis pas plus pour l’instant, mais cela ne tardera pas!

Ajouts au Panorama Insurtechs du 20 mai 2018

Au menu des ajouts d’aujourd’hui:

    • Coverwallet: Distribution d’assurance pour petites entreprises.
    • Backbase: Hub multicanal, qui s’interface avec vos systèmes existants pour proposer une expérience client enrichie.
    • Sentimer: Service de chatbot couplé à de l’analyse de langage naturel parlé ou écrit pour améliorer la qualité des réponses apportées. Personnalisation automatique du comportement du chatbot en fonction du client par l’intelligence artificielle. Adaptation du contenu.
    • Laka: Assurance collaborative pour vélos. La communauté prend en charge les sinistres lorsqu’ils se présentent à hauteur d’un montant maximum. Au-delà un assureur prend le relais.
    • Granify: Optimisation de la structuration des sites web en vue d’améliorer la transformation.
    • Celect: Initialement dédiée au retail, cette solution d’intelligence artificielle, alliée au machine learning permet de proposer des prédictions d’offres.
    • ExtraDrive: Calcule un score auto basé sur les données de conduite. Utilisation soit pour de la prévention soit pour de la segmentation de portefeuille.
    • Thinkseg: Marketplace de produits d’assurance.
    • Earnix: Analyse des données web pour identifier et proposer en temps réel des actions à mener. Ajustement de tarif en temps réel.
    • Scoredata: Plateforme d’analyse de données en ligne en vue de les utiliser sur des business (rétention, cross/up-selling). Analyse prédictive.
    • Utwin: Courtage et gestion en assurance de prêt immobilier.
    • Motion S: Augmentation de données de mobilité. Exploitation de données télématiques pour augmenter les points de contact, travailler des modèles de rétention, prévoir les phases de maintenance.
    • Oocar: Plateforme de données et de services destinée aux métiers de l’après-vente et de l’assurance. Collecte de données du véhicule et de la conduite. Création de profil de conducteurs.
    • Easyprice: Marketplace de mise à disposition de produit pour un réseau d’environ 10000 courtier sur le territoire français. Co-création et tests de produits.

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Otoconnect – L’intermédiaire des données du véhicule

otoconnect

Lorsque l’on s’intéresse aux objets connectés des véhicules, ou plus techniquement ce que l’on appelle la télématique, une problématique majeure apparait: l’exploitation des données! La startup Otoconnect s’intéresse à ce segment et travaille sur la mise à disposition de multiples connecteurs, autour d’une première cible, la portabilité des contrats dans le cadre du règlement RGPD. Continuer la lecture de « Otoconnect – L’intermédiaire des données du véhicule »

Zelros: Augmenter l’humain par l’intelligence artificielle

augmenter l'humain par l'intelligence artificielle

On entend tout et n’importe quoi à propos des impacts à prévoir du développement de l’intelligence artificielle, de la destruction du travail jusqu’à la peur d’une sorte de grand remplacement. Si certaines de ces craintes ne sont pas inutiles, tentons d’apporter un peu de lumière sur ce terrain par l’exemple de Zelros, qui tente avec sa solution, non pas de le supprimer, mais plus intelligemment d’augmenter l’humain par l’intelligence artificielle.

Quelques erreurs sur l’intelligence artificielle

Il est indéniable que les intelligences artificielles (Note: je préfère le traiter au pluriel, du fait de la diversité des situations) sont d’une part en train de se structurer et de devenir de plus en plus performantes et d’autre part vont bouleverser notre quotidien. On ne compte plus les articles qui traitent de ce sujet, depuis les technologies en présence jusqu’aux impacts potentiels sur l’économie. Je voudrais revenir sur 2 idées qui me frappent couramment et que je considère comme des erreurs.

L’IA et l’emploi

On entend fréquemment dire que l’IA va faire disparaître l’emploi. Il s’agit ici de faire une distinction entre emploi, travail, et métier! Selon moi, il n’est pas question (dans un premier temps au moins) que l’IA fasse disparaître l’emploi, ni le travail, mais plutôt un certain nombre de métiers.

Prenons l’exemple de Fukoku Mutual Life Insurance qui, en déployant un robot Watson d’IBM a réduit significativement sa masse salariale. C’est en effet l’exemple le plus fréquemment utilisé. Watson est capable de réaliser un certain nombre de tâches qui constituaient jusqu’alors l’intégralité de certains métiers. Autrement dit, l’automatisation de ces tâches implique naturellement la disparition des métiers concernés.

Si les entreprises ne s’arrêtent qu’à une première lecture (strictement financière, au sens négatif du terme), elles peuvent supprimer les emplois associés. En revanche, c’est à mon sens un point de vue très court termiste, car les emplois vont plutôt avoir tendance à se transformer. Les chiffres indiquent plutôt que 60% des métiers de 2030 n’existent pas encore. On voit clairement que ces nouveaux métiers seront couverts par des emplois. Il existe toutefois une question de transition à gérer, et c’est pourquoi on ne cesse de répéter (et je le dis également à mes étudiants) qu’on ne cherche plus des gens bien formés, mais des gens capables d’apprendre!

Intelligence artificielle en opposition à intelligence humaine

Selon certains, l’IA serait nécessairement opposée à l’humain, qu’elle pourrait remplacer intégralement. Il est vrai de dire que la technologie va de plus en plus loin et qu’il est inquiétant de voir qu’elle est utilisée parfois à mauvais escient.

En revanche, je reste persuadé que l’intelligence émotionnelle d’un être humain restera nécessaire dans un certain nombre de relations humaines. Autrement dit, il ne s’agit pas d’envisager le remplacement de l’humain par la machine, mais bien de l’amélioration de l’humain par la technologie. Je parle d’amélioration intellectuelle et non de transhumanisme ici.

La solutions de Zelros

Zelros est une startup française. J’ai eu l’occasion de rencontrer son CEO Christophe Bourguignat lors de l’événément Insurection by April à Lyon en novembre 2017. J’avais été agréablement surpris par sa solution et les opportunités que cela peut ouvrir pour l’avenir.

L’humain augmenté

Pour faire simple et utiliser un exemple parlant, le postulat de Zelros gravite, dans un premier temps, autour du conseiller téléphonique. La démarche de réponse à un client par téléphone aujourd’hui réside essentiellement dans 2 aspects: les compétences et connaissances du conseiller, la rapidité des outils et la simplicité de navigation. Or, il s’avère fréquemment que le turn-over de ces équipes d’une part, ou les insuffisances des outils d’autres part, rendent difficile cet exercice.

Zelros propose alors d’améliorer l’information à disposition du conseiller en lui proposant des pistes en fonction:

  • de la situation du client: lors de l’appel, sa fiche client remonte en visibilité, et Zelros identifie des pistes de ventes additionnelles en fonction de situations apprises auprès d’autres clients
  • de l’historique du client: Zelros peut identifier que ce client a déjà appelé 3 fois en 3 jours et on peut supposer qu’il est mécontent, et peut en informer le téléconseiller pour lui proposer une démarche associée
  • des objectifs commerciaux de l’entreprise

Ce ne sont que quelques exemples, mais qui donnent une première idée de ce qui peut être fait. Il s’agit donc de proposer la prochaine « bonne action » à faire auprès d’un client en fonction de la probabilité de transformation / satisfaction autour de cette action.

Une interface extensible

Plus généralement, la technologie déployée par Zelros est plutôt bien pensée. En effet, elle s’appuie sur un certain nombre de connecteurs, d’API ou de web services vers des outils existants. Ainsi, il n’est pas utile de modifier en profondeur le SI existant pour exploiter cette technologie. Il est par ailleurs possible de progressivement connecter de nouvelles solutions pour étendre les compétences de l’outil.

De plus, l’outil peut être contacté par un simple messenger, qui se charge de mettre à disposition toutes les informations par une même interface!

Autrement dit, nous avons une possibilité ici d’augmenter nos salariés pour les faire monter en capacité de satisfaire les clients (à défaut de toujours pouvoir les faire monter en compétences).

Conclusion sur le principe d’augmenter l’humain par l’intelligence artificielle

La solution de Zelros commence à trouver une certaine reconnaissance et expertise sur le marché. Je ne doute pas que cela continue de décoller dans les mois à venir. La double intégration dans la Microsoft AI Factory de Station F et dans l‘incubateur Swave en janvier vont donner un coup d’accélérateur certain!

Ainsi, avant d’envisager l’intelligence artificielle comme source de tous les maux, il paraît sensé de s’intéresser à ses apports dans la vie quotidienne et comment elle nous permet d’être meilleurs dans ce que nous faisons.

La technologie reste avant tout un outil, et comme le silex qui a permis d’améliorer le processus de la chasse, l’IA permettra d’améliorer les processus de gestion!

Note: Je ne cherche pas à mettre sous silence les risques potentiels de l’intelligence artificielle à moyen ou long terme. J’estime qu’il faudra une réflexion globale et coordonnée. Le gouvernement a d’ailleurs mandaté sur le sujet Cédric Villani, l’un de nos experts français, qui se trouve en plus être député! Toutefois, il serait illusoire de penser que nous pouvons arrêter l’histoire. Il convient donc de l’accepter et de l’orienter du mieux que nous pouvons!

Panorama insurtechs – 5 février 2018

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La mise à jour de mon panorama insurtechs continue avec 13 ajouts le 5 février 2018. Vous trouverez la mise à jour ici. Ce sont désormais 136 startups qui sont documentées, provenant de 19 pays.

Ajouts au Panorama Insurtechs du 5 février 2018

Au menu des ajouts d’aujourd’hui:

  • Mi Compi: Comparateur d’assurance pour animaux de compagnie, Connaissance des besoins et inquiétudes des propriétaires d’animaux.
  • Traity: Garantie de réputation online, Améliore la confiance à donner à un utilisateur sur internet et réduit le risque de fraude en pénalisant le client concerné.
  • Brokalia: Assurance affinitaire de communautés, avec un premier produit destiné aux gestionnaires de parc immobilier.
  • Clicksurance: Création et distribution en ligne de produits sur-mesure.
  • Blue Yonder: Initialement dédiée au retail, cette solution d’intelligence artificielle, alliée au machine learning permet de proposer des prédictions d’offres, Optimisation de prix en direct.
  • Allo Media: Cookie vocal, Développer les ventes, Réduire le churn, Solution de Call Tracking Intelligent qui analyse et relie en temps réel le parcours client aux motifs d’appels entrants.
  • Bandboo: Assurance collaborative qui propose un cash-back sur la partie de prime non utilisée.
  • Insure Pal: Assurance collaborative fondée sur un système de recommandation, et supportée par une technologie blockchain.
  • Ezytrack: Solution de gestion de flottes via télématique embarquée.
  • Sentisum: Utilisation de l’intelligence artificielle, du machine learning pour améliorer l’expérience utilisateurs, réduire l’attrition et traiter intelligemment les moments de vie, Plateforme d’Insight as a service.
  • Jetty: Simplification de l’assurance habitation en s’intéressant au besoin intégral du client sur l’habitation, et notamment en contournant le dépôt de garantie.
  • Baloon: Souscription simplifiée pour s’adapter aux besoins des pays d’Afrique: 1 photo = 1 devis, 3 photos = 1 assurance.
  • Revolut: Assurance voyage et mobile simplifiée, bon marché et souscription rapide.

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Assurance, innovation et évolution comportementale

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Une conjonction d’éléments m’ont amené à réfléchir ces derniers temps sur le lien entre assurance, innovation et évolution comportementale ! Il est l’occasion de vous donner mon point de vue sur la question.

On considère souvent que l’assurance est réactive. En effet, elle réagit à des événements appelés sinistres pour indemniser la perte résiduelle.

Des campagnes, parfois célèbres (je pense à la prévention routiere), ont vocation à transformer les comportements en amont pour réduire les sinistres en aval. Pour l’assureur, c’est un investissement initial qui trouve son ROI dans la réduction des indemnisations. On est ici dans un modèle ou l’assureur est préventeur et non plus seulement indemnisateur.

Toutefois, beaucoup de débats ont lieu ces dernières années pour donner à l’assureur un rôle sociétal plus proactif en amont pour réduire les risques et donc changer les comportements. La télématique embarquée (avec les offres de Pay-How-You-Drive par exemple) à souvent été vue comme un moyen incitatif aux bonnes pratiques: si tu conduis mieux, je te fais payer moins cher. Idem pour les bracelets connectés de sante: si tu fais du sport, tu auras une réduction.

Toutefois, on constate que ces démarches ne fonctionnent pas toujours ou qu’elles ne sont pas efficaces. Cependant, ne dit-on pas « chassez le naturel il reviendra au galop »? L’enjeu est donc double:

  • Trouver de nouvelles solutions pour influencer les comportements.
  • Ajuster les offres pour mieux coller aux comportements individuels plutôt que vouloir standardiser les réponses.

Les nudges au service du changement comportemental

Contexte

Il ne vous aura sans doute pas échappé que le dernier prix Nobel d’économie (2017) à été attribué aux recherches sur L’économie dite comportementale. Pour en savoir plus, lisez ici. On appelle aussi cela la manipulation bienveillante.

assurance innovation et evolution comportementale
Page de garde du livre Guide de l’économie comportementale, téléchargeable gratuitement ici. Merci au passage à Yuri qui m’a offert le livre papier.

Je ne chercherai pas ici à détailler intégralement les possibilités offertes pour l’assurance, car cela mérite d’y réfléchir sérieusement. En attendant, je vous invite à lire le très bon article d’un de mes concurrents sur la question. Voici l’exemple cité:

Pour certaines assurances automobiles américaines, la déclaration du kilométrage réalisé dans l’année (n) conditionne la prime de l’année suivante (n+1). Le taux moyen de sous déclaration est estimé à 15% par rapport au Km réellement fait. Un Nudge a été testé pour tenter d’améliorer les déclarations. Au lieu de signer la déclaration sur l’honneur à la fin du document, les chercheurs l’ont mise sur l’entête du document, soit avant la déclaration. Ce simple changement entraîne une augmentation de 10% du nombre de Km déclarés, soit un gain pour l’assureur de 48$ par assurés. La simple réorganisation de la structure du document, de l’architecture de choix, permet de modifier le comportement de l’assuré et donc d’augmenter les revenus.

Quelques exemples de nudges pour l’assurance

Voici quelques exemples de nudges qui sont ou pourraient être pertinents pour l’assurance en fonction des objectifs:

  • Réduire les risques: L’incitation à mieux conduire.
    • La solution mise en œuvre par Liberty Mutual et relayée ici consiste en un mélange de gamification et d’information aux conducteurs. Grâce à la télématique embarquée, la solution permet à chacun de consulter ses informations de conduite et d’envisager comment mieux conduire et donc comment réduire sa prime, le taux de réduction s’actualisant en direct tous les jours pendant 3 mois avant d’être figé.
    • En poussant l’exercice en dehors du périmètre pur d’intervention de l’assureur, nous pouvons noter que le fait de tracer, sur la route, des bandes blanches de plus courtes donne l’impression d’aller plus vite et incite à ralentir sans même s’en rendre compte.
  • L’incitation à la souscription:
    • Une étude relayée dans l’ouvrage ci-dessus (London Economics et YouGov en 2013 pour la FCA) a montré l’impact de la présentation de l’offre d’assurance en parallèle d’un autre produit. C’est le cas par exemple lors de l’achat de l’assurance lors de l’achat du mobile ou de l’assurance annulation de séjour.

assurance innovation et evolution comportementale

Au delà de l’aspect éthique discutable, cela montre bien l’influence de la stratégie de distribution sur les choix des assurés.

  • Le choix des priorités: Last-mile problems (lire pour cela cet article et celui-là)
    • La décomposition des populations peut se faire en fonction d’une probabilité de souscription. En identifiant 3 segments (effort faible, moyen et fort) grâce à l’intelligence artificielle, on peut alors déterminer qui a la probabilité la plus forte de parcourir le dernier « mile » jusqu’à la souscription. Ces populations pour lesquels l’effort est faible se verront traité différemment pour recevoir, le moment venu, un petit coup de pouce! Cela peut prendre la forme d’un texto, d’un petit message sur l’écran ou d’un mail de bienvenue lors donnant le petit plus qui suffira à les convaincre.

Je reviendrai ultérieurement sur ces questions avec d’autres cas d’usage détaillés pour imaginer plus précisément comment utiliser ces méthodes.

Ajuster les offres

La plupart des offres actuelles sont très standardisées. Elle tiennent compte d’un besoin considéré comme identique pour tous les assurés. A l’heure de l’individualisation, pourquoi ne pourrait-on pas envisager d’adapter la couverture plus finement en fonction des risques véritables des assurés. J’entends déjà les réactions: « C’est le propre de notre métier », « Nous le faisons déjà », les contrats proposent des options et des choix de niveaux pour s’assurer en fonction de son besoin ». Très bien, mais en vrai, peut-on réfléchir autrement?

Le discours de Wilov est très intéressant sur ce point. La plupart des assurés auto conduisent moins de 50jours par an. Pourtant ils sont couverts à temps plein. En inventant le « Pay-When-You-Drive », leur postulat de départ est de ne faire payer les conducteurs que lorsqu’ils conduisent! Le prix n’est pas nécessairement beaucoup plus faible, en revanche, le ressenti de l’assuré est bien meilleur (sous réserve que l’expérience utilisateur soit au rdv bien sur!).

La démarche d’Inspeer va dans un sens similaire. Partant du postulat que changer le comportement est compliqué, Emmanuelle Mury et son équipe travaillent sur la notion de groupes affinitaires qui vont autour de l’usage. En clair, ils identifient des comportements similaires, et créent l’offre qui correspond. J’y reviendrai également dans un article dédié!

En bref, la notion d’offre est encore trop vue aujourd’hui comme unique, identique pour tous. En effet, les systèmes informatiques ne permettaient pas de déployer facilement et rapidement des variantes et la personnalisation, ou l’illusion de la personnalisation se faisait au niveau du marketing. Il est temps de passer à un niveau supérieur!

 

Et vous, qu’en pensez-vous? Quand commençons-nous à remettre vos offres à plat?

LexisNexis – Bonnes pratiques des modèles prédictifs

bonnes pratiques des modèles prédictifs

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Lexis Nexis a publié cet été un livre blanc sur les bonnes pratiques des modèles prédictifs, ou plus précisément sur les étapes à suivre pour implémenter ce type de solutions.

Selon eux, 4 étapes sont nécessaires à une création de produit de ce type:

  • Ideation
  • Design et développement
  • Implémentation
  • Monitoring

Continuer la lecture de « LexisNexis – Bonnes pratiques des modèles prédictifs »

Accenture – Réimaginer le futur de la distribution

reimaginer le futur de la distribution

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Accenture publie son dernier rapport dédié à la transformation de la distribution en assurance. L’ambition est de réimaginer le futur de la distribution. La dernière version de ce rapport datait de début 2016.

La digitalisation transforme la distribution en assurance

Le rapport s’appuie sur un sondage réalisé auprès de 400 managers du secteur dans le monde entier. Le premier enseignement est que la grande majorité des acteurs travaillent ou envisagent de travailler à une restructuration du modèle de distribution, et notamment en tirant parti des avantages du digital. Seul 1 acteur sur 5 n’y pense pas.

Accenture fait émerger six tendances:

  • Canaux digitaux
  • Expériences utilisateurs améliorées par la connaissance client
  • Changement du rôle de l’agent
  • Le futur des comparateurs
  • Le rôle des écosystèmes
  • L’internet des objets.

Continuer la lecture de « Accenture – Réimaginer le futur de la distribution »