Panorama insurtechs Juin 2018

panorama insurtechs

La mise à jour de mon panorama insurtechs continue avec 15 ajouts en juin 2018. Vous trouverez la mise à jour ici. Ce sont désormais 179 startups qui sont documentées, provenant de 27 pays.
Par ailleurs, je vous annonce qu’il y aura un nouveau site d’ici quelques semaines pour porter un projet qui me tient à coeur autour de l’innovation dans l’assurance. Je n’en dis pas plus pour l’instant, mais cela ne tardera pas!

Ajouts au Panorama Insurtechs juin 2018

Au menu des ajouts d’aujourd’hui:

  • Get me ins: * Prédiction et réduction de cas de fraude à la source * Automatisation de sinistres * Evaluation de coûts * Amélioration de l’engagement client.
  • Insurance Drip: * Solution de marketing digital dédié aux courtiers et agents d’assurance (sites web, newsletter, générateur de recommandations, campagnes de fidélisations, etc.).
  • Insure App: * Plateforme d’asssurance personnalisée et contextualisée * Pay-how-you-drive * Assurance santé contextuelle * Assurance à la demande et juste à temps * Analyse de données, détermination de profils et segmentations, modélisation prédictive, propositions en temps réel.
  • Jamii: * Micro assurance santé.
  • Nuvalaw: * Accélère le traitement des contentieux par une analyse en masse des documents juridiques.
  • Tapoly: * Assurance à la demande dédiée aux travailleurs indépendants et seuls.
  • Vlocity: * Plateforme cloud qui propose des outils de distribution et gestion de contrats d’assurance * Agent virtuel personnalisé.
  • Riskattitude: * Mise à disposition d’outils virtuel d’estimation et d’analyse du risque.
  • Insurnext: * Création de sites web modernes et réactifs dédiés au monde de l’assurance.
  • Cogito Corp: * Intelligence humaine augmentée par l’intelligence artificielle.
  • Cyquant: * Aide à la souscription de risques cyber en facilitant l’estimation du risque.
  • Jooycar: * Plateforme de véhicules connectés * Analyse en temps réel des données pour proposer des produits d’assurances contextualisés adaptés à la situation.
  • Hello Zum: * Centralisation des données d’assurance au même endroit et mise à disposition de toutes les parties * Le client est au centre.
  • So sure: * Assurance collaborative avec rétrocession de la part non utilisée de la prime.
  • Monuma: * Conseil et accompagnement patrimonial * Blockchain dédiée aux œuvres d’art.

Contactez-moi si vous n’apparaissez pas encore dans le panorama insurtechs!

Cap Gemini – World Insurance Report 2018

world insurance report 2018

English version here


Cap Gemini et Efma ont publié leur rapport annuel intitulé World Insurance Report 2018 la semaine dernière. Ce rapport est habituellement l’occasion d’un tour d’horizon intéressant sur ce qui se passe sur le marché. J’avais rédigé un article sur la version 2017 de ce rapport. Que faut-il retenir de cette édition ?

Points à retenir du World Insurance Report 2018 de Cap Gemini

Du fait de la longueur, l’article est séparé en 3 pages, pour chacun des chapitres.

Si les résultats de l’étude apporte des chiffres bienvenus, le contenu du World insurance report 2018 est malheureusement très fouillis et ne donne pas vraiment de lecture propre à expliciter la situation.

Accélérer la transformation digitale

Un nécessaire rattrapage ?

world insurance report 2018L’assurance se positionne 3ème au classement du score d’expérience client (Note: aucune explication n’est fournie sur la mesure de cet indicateur). Ce chiffre apparaît comme très bon. En revanche, dès lors que l’on s’intéresse à la note d’expérience client positive, le résultat se dégrade. C’est notamment le cas en comparant les résultats avec le secteur bancaire.

world insurance report

Il semble donc clair que l’assurance doit opérer un rattrapage sur ces questions là. Le rapport cite par exemple la meilleure capacité des banques a exploiter la technologie pour bénéficier des points de contacts avec les clients. (Note: Certes, mais il est indéniable et bien connu que l’assurance connaît un déficit naturel de points de contacts avec la banque, les enjeux ne sont donc pas les mêmes: pour la banque les exploiter, pour l’assurance les générer…).

En poussant l’analyse sur la satisfaction autour des services essentiels, un écart significatif apparaît sur la simplicité d’utilisation: 36% de satisfaits par rapport à 47% dans la banque! L’écart est également important en ce qui concerne la rapidité du service.

world insurance report 2018

Variations régionales

Des variantes régionales existent, notamment si l’on compare les niveaux de satisfaction entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Si les Français sont d’éternels insatisfaits, ce n’est pas le cas de tous les Européens. L’écart est d’ailleurs suffisamment important pour que cela attire l’attention!

Le digital, un levier pour casser les limites traditionnels sur les interactions avec les clients

La communication via les canaux digitaux est désormais bien intégrée, et c’est désormais le mobile qui prend de l’importance! 40% des interrogés considèrent qu’une application mobile est un canal important.

world insurance report 2018

Parmi les arguments invoqués, celui, classique de la facilité (car commun à pleins d’autres usages de la vie quotidienne) et l’autre plus nouveau sur la personnalisation et les services individualisés.

L’adoption du digital est un facteur essentiel et ouvre de nouveaux horizons pour l’assurance. Tout d’abord cela génère une augmentation du nombre de points de contact. Ainsi, cela crée de nouvelles opportunités commerciales. Les nouveaux services qui sont associés à ces usages sont aussi l’occasion d’améliorer l’acquisition et la rétention de clients.

Proactivité

Il existe une marge de progression sur la proactivité des offres d’assurance! Là où il est souvent question de savoir si l’assurance en fait trop ou pas assez à destination de ses clients, la réponse est nette!

world insurance report 2018

En allant même plus loin, la proactivité de l’assureur a un impact positif sur la satisfaction des assurés.

world insurance report 2018

De nouveaux challenges à mesure que la technologie fait des progrès

Les exemples sont nombreux parmi les GAFA ou autres grandes multinationales de la tech d’incursion dans le périmètre du secteur financier. L’assurance est une des cibles récurrentes d’Amazon, Apple, Alibaba ou encore Alphabet (Google). Ce type de concurrence impose aux acteurs traditionnels de changer de braquet pour se transformer en accélérant le rythme. En effet, de plus en plus d’assurés se disent près à souscrire un contrat auprès de géant de la tech. Ils sont 1/5 à se positionner comme tel en Europe et 1/3 en Amérique du Nord et jusqu’à 40% en Asie et 50% en Amérique Latine!

world insurance report 2018

Enfin, si les problématiques de sécurité sont encore dans toutes les têtes, les assurés sont de plus en plus enclins à partager leurs données en échange de services personnalisés et de valeurs additionnelles.

world insurance report 2018 world insurance report 2018

Pour conclure, la propension à basculer d’un assureur traditionnel vers une entreprise de la tech peut être analysée d’un point de vue démographique. En effet, certains groupes sont plus favorables que d’autres (les technophiles et la génération Y), du fait d’une expérience client jugée insuffisante. (Note: C’est le commencement de l’adoption par les early-adopters)world insurance report 2018

Rapport de Cédric Villani sur l’Intelligence Artificielle

rapport de cédric villani sur l'intelligence artificielle

Le député Cédric Villani, célèbre mathématicien français, s’est vu confier par le 1er ministre une mission d’information sur la stratégie française autour de l’Intelligence Artificielle. Le rapport vient d’être publié et fait la bagatelle de 235 pages! Je vous propose les points clés à retenir. Sachez toutefois que sans tout lire, les auteurs ont eu la bonne idée de détailler considérablement le plan et de proposer une synthèse intitulée « Le rapport en 10 pages ». J’apprécie considérablement l’effort ;-)! Continuer la lecture de « Rapport de Cédric Villani sur l’Intelligence Artificielle »

ACPR – Révolution numérique de l’assurance

révolution numérique de l'assurance

L’ACPR, l’organe de référence du secteur de la banque et de l’assurance publie un rapport sur la révolution numérique de l’assurance. Ces équipes sont d’ordinaire plus habituées aux mises en garde et aux rappels à la réglementation. S’ils estiment nécessaire de publier à ce sujet, il est intéressant de se pencher sur le contenu de ce rapport, pour voir ce qu’il peut apporter à la discussion. Continuer la lecture de « ACPR – Révolution numérique de l’assurance »

PODCASTS pour le week-end – Langage naturel/Lemonade

podcasts pour le week-end

J’ai mis en place depuis déjà plusieurs mois une écoute régulière de podcasts venant de tout autour du monde (si vous souhaitez la liste, je vous la donnerai). C’est un moyen pratique d’une part de rattraper l’actualité ou de découvrir des nouveautés sur ce qui se marche sur le marché de l’assurance, de l’insurtech et plus généralement des fintechs. Voici donc ici 2 podcasts pour le week-end, que je vous soumets car je les ai trouvés assez intéressants cette semaine. Continuer la lecture de « PODCASTS pour le week-end – Langage naturel/Lemonade »

Les 25 insurtechs 2018 d’Oxbow Partners

25 insurtechs 2018

Oxbow Partners est un cabinet de conseil britannique, dédié pour le monde de l’assurance. Plus spécifiquement, ils sont spécialisés sur les sujets qui bouleversent le monde de l’assurance, à travers 3 points d’entrée: stratégie, digital, et M&A. Ils viennent de publier un rapport intitulé « Les 25 insurtechs 2018« .

Préambule

Je partage le point de départ d’Oxbow Partners, selon lequel il n’y a pas de critère fiable de comparaison des insurtechs actuellement.

Certains s’intéressent aux fonds levés. Toutefois, j’estime que financièrement parlant, lever des fonds n’est pas nécessairement un critère positif pour une startup. En effet, si c’est nécessaire pour passer des caps, cela peut signifier qu’elle ne peut financer sa croissance seule.

J’ai pris le parti de les classer en fonction de leur apport à la chaine de valeur métier, mais c’est tout autant discutable, car je ne tiens pas compte de leur soutenabilité économique.

Bref, Oxbow Partners a réalisé sa sélection selon les critères suivants:

25 insurtechs 2018

 

Par ailleurs, ils reprennent un concept désormais communément admis: les insurtechs aujourd’hui ne sont plus seulement des distributeurs (B2C), mais sont des facilitateurs ou accélérateurs en B2B.

Dernier élément intéressant, représenté sous le schéma ci-dessous, ils considèrent qu’après l’abandon d’une phase de compétition, au profit de la collaboration entre grands groupes et insurtechs, on devrait voir réapparaître prochainement une compétition d’un autre genre. Cela s’expliquerait, selon Oxbow Partners, en cas d’insuffisant engagement des assureurs.

La sélection des 25 insurtechs 2018

25 insurtechs 2018

Les startups sélectionnées appartiennent à 4 catégories:

  • Distribution: Ces acteurs recherchent des clients finaux et ont besoin d’assureurs ou réassureurs pour leur fournir des produits
  • Data & analytics
  • Operations
  • Sinistres et fraude

Ces 3 dernières catégories sont des acteurs qui ont besoin d’assureurs comme clients.

Voici la sélection présentée différemment.
25 insurtechs 2018

Les dernières pages du rapport présentent une synthèse en 1 ou 2 page pour chacune des solutions retenues.

Panorama insurtechs – 23 février 2018

panorama insurtechs

La mise à jour de mon panorama insurtechs continue avec 14 ajouts le 23 février 2018. Vous trouverez la mise à jour ici. Ce sont désormais 150 startups qui sont documentées, provenant de 21 pays.

Ajouts au Panorama Insurtechs du 23 février 2018

Au menu des ajouts d’aujourd’hui:

    • RiskGenius: Utilisation de l’intelligence artificielle pour mieux catégoriser le contenu des polices d’assurance, garantir une meilleure lecture et faciliter les opérations de souscription.
    • Go Bear: Moteur de comparaison de produits d’assurance sur du prix et de la qualité, enrichi avec un système de notation.
    • Codeoscopic: Fournisseur de solutions digitales dédiées au métier de l’assurance, Multi-tarificateur, Gestionnaire de risques dédié à Solvabilité 2.
    • Gistek Insurance solutions: Ensemble de solutions logicielles pour faciliter la gestion de contrats ou sinistres d’assurance, Automatisation de processus.
    • Numen: Fournisseur de solutions digitales dédiées à l’amélioration des processus assurance et à la gestion des triangles de sinistres.
    • Satisfi: Exploiter les données des clients pour effectuer automatiquement des préconisations grâce à de l’automatisation, de l’intelligence artificielle et des robots..
    • Captricity: Exploitation de la donnée pour augmenter les ventes, réduire les cycles de traitement ou proposer des souscriptions éclairs sans pertes sur la qualité de l’analyse de risque.
    • Ideeo: Courtage de contrats d’assurance, Rémunération définie avec le demandeur.
    • Addon-ACS: Analyse comportementale en temps réel des consommateurs, pendant le parcours de soin, Prévention et Amélioration du parcours de soin via un scoring des pratiques.
    • Aukazou: Gestion du sinistre Dégâts des eaux pour le compte de l’assuré.
    • Assurup: Assurance dédiée aux besoins spécifiques des startups.
    • Wizzas: Coconception de produits d’assurance sur mesure pour couvrir les besoins de communautés. Constitution de communautés. Recherche d’assureurs pour porter les risques. (Note: Je ferai très prochainement un article suite à ma rencontre avec Thierry Delcupe et Julien Renauld)
    • Guard Time: Solutions blockchain pour limiter la fraude et améliorer la confiance et l’automatisation des décisions.
    • Boundlss: Utilisation de chatbot et d’intelligence artificielle destinée à encourager une amélioration des comportements de vie, Augmentation de l’engagement avec les assurés.

Contactez-moi si vous n’apparaissez pas encore dans le panorama insurtechs!

Revue de presse du 7 février 2018

revue de presse du 17 avril 2018

Voici un petit tour d’horizon des articles qui ont attiré mon attention et méritent d’apparaître dans la revue de presse du 7 février 2018!

Renforcer l’économie française par l’innovation digitale

Lien: Le blog de l’Institut Montaigne, un think tank plutôt libéral

Eric Chaney, le conseiller économique de l’Institut Montaigne revient sur les 5 leviers à exploiter pour permettre à la France de devenir un acteur de référence sur l’intelligence artificielle:

  • L’intelligence artificielle est indissociable de la notion d’innovation: elle mérite donc que l’on y consacre des efforts significatifs
  • Il ne s’agit pas tant de dompter les géants américains existants que de favoriser l’émergence des acteurs de référence de demain, il y a de la place à prendre.
  • L’école doit avoir un rôle prépondérant dans la préparation de la population à ces sujets: il s’agit alors de renforcer les formations scientifiques de base pour être leaders et pas seulement utilisateurs.
  • Les entreprises doivent s’emparer du sujet car la concurrence les y obligera! Il est inutile de vouloir stopper l’histoire, mieux vaut l’accompagner.
  • L’Etat, par la commande publique et la réglementation à un rôle à jouer.

Inutile de préciser que je suis totalement en phase avec ces idées ;-)!

Fintech school

Liens: https://www.fintechschool.com/p/insurtech-101.

Le site fintech school met à disposition un cours dédié au milieu des insurtechs. Celui-ci, proposé par Amilcar Chavarria propose 4 modules.

revue de presse du 7 février 2018

Malheureusement, cette offre n’est pas gratuite (50$). Je n’ai pas testé pour vous, mais ce type de proposition mérite réflexion.

 

Amazon se lance sur la santé

Lien: Le Monde.

L’annonce a fait grand bruit la semaine dernière: l’alliance Amazon / Warren Buffet et JP Morgan pour proposer une couverture santé aux salariés de JP Morgan.

Nombreux sont ceux qui considèrent ce mouvement comme un pas important d’Amazon. Toutefois, je rappelle deux points:

  • Dès qu’ils sortiront du strict périmètre des salariés de JP Morgan, ils entreront sur le marché avec grosso modo le même créneau qu’Oscar. Ils vont donc se frotter aux mêmes difficultés, à savoir la nécessité d’obtenir des autorisations par Etat, ce qui ralentit considérablement la pénétration du marché. Avoir un produit viable n’est pas suffisant aux Etats-Unis.
  • Le mouvement d’Amazon le plus attendu est celui qui se prépare à Londres à destination de l’Europe. Toutefois, le relatif manque d’ambition d’Amazon côté US tempère mes attentes. Affaire à suivre.

The event to be

Le Paris Fintech Forum a eu lieu la semaine dernière. Je n’ai malheureusement pas pu y participer faute de temps. J’attends un article de synthèse complet avant de partager cela ici.

Zelros: Augmenter l’humain par l’intelligence artificielle

augmenter l'humain par l'intelligence artificielle

On entend tout et n’importe quoi à propos des impacts à prévoir du développement de l’intelligence artificielle, de la destruction du travail jusqu’à la peur d’une sorte de grand remplacement. Si certaines de ces craintes ne sont pas inutiles, tentons d’apporter un peu de lumière sur ce terrain par l’exemple de Zelros, qui tente avec sa solution, non pas de le supprimer, mais plus intelligemment d’augmenter l’humain par l’intelligence artificielle.

Quelques erreurs sur l’intelligence artificielle

Il est indéniable que les intelligences artificielles (Note: je préfère le traiter au pluriel, du fait de la diversité des situations) sont d’une part en train de se structurer et de devenir de plus en plus performantes et d’autre part vont bouleverser notre quotidien. On ne compte plus les articles qui traitent de ce sujet, depuis les technologies en présence jusqu’aux impacts potentiels sur l’économie. Je voudrais revenir sur 2 idées qui me frappent couramment et que je considère comme des erreurs.

L’IA et l’emploi

On entend fréquemment dire que l’IA va faire disparaître l’emploi. Il s’agit ici de faire une distinction entre emploi, travail, et métier! Selon moi, il n’est pas question (dans un premier temps au moins) que l’IA fasse disparaître l’emploi, ni le travail, mais plutôt un certain nombre de métiers.

Prenons l’exemple de Fukoku Mutual Life Insurance qui, en déployant un robot Watson d’IBM a réduit significativement sa masse salariale. C’est en effet l’exemple le plus fréquemment utilisé. Watson est capable de réaliser un certain nombre de tâches qui constituaient jusqu’alors l’intégralité de certains métiers. Autrement dit, l’automatisation de ces tâches implique naturellement la disparition des métiers concernés.

Si les entreprises ne s’arrêtent qu’à une première lecture (strictement financière, au sens négatif du terme), elles peuvent supprimer les emplois associés. En revanche, c’est à mon sens un point de vue très court termiste, car les emplois vont plutôt avoir tendance à se transformer. Les chiffres indiquent plutôt que 60% des métiers de 2030 n’existent pas encore. On voit clairement que ces nouveaux métiers seront couverts par des emplois. Il existe toutefois une question de transition à gérer, et c’est pourquoi on ne cesse de répéter (et je le dis également à mes étudiants) qu’on ne cherche plus des gens bien formés, mais des gens capables d’apprendre!

Intelligence artificielle en opposition à intelligence humaine

Selon certains, l’IA serait nécessairement opposée à l’humain, qu’elle pourrait remplacer intégralement. Il est vrai de dire que la technologie va de plus en plus loin et qu’il est inquiétant de voir qu’elle est utilisée parfois à mauvais escient.

En revanche, je reste persuadé que l’intelligence émotionnelle d’un être humain restera nécessaire dans un certain nombre de relations humaines. Autrement dit, il ne s’agit pas d’envisager le remplacement de l’humain par la machine, mais bien de l’amélioration de l’humain par la technologie. Je parle d’amélioration intellectuelle et non de transhumanisme ici.

La solutions de Zelros

Zelros est une startup française. J’ai eu l’occasion de rencontrer son CEO Christophe Bourguignat lors de l’événément Insurection by April à Lyon en novembre 2017. J’avais été agréablement surpris par sa solution et les opportunités que cela peut ouvrir pour l’avenir.

L’humain augmenté

Pour faire simple et utiliser un exemple parlant, le postulat de Zelros gravite, dans un premier temps, autour du conseiller téléphonique. La démarche de réponse à un client par téléphone aujourd’hui réside essentiellement dans 2 aspects: les compétences et connaissances du conseiller, la rapidité des outils et la simplicité de navigation. Or, il s’avère fréquemment que le turn-over de ces équipes d’une part, ou les insuffisances des outils d’autres part, rendent difficile cet exercice.

Zelros propose alors d’améliorer l’information à disposition du conseiller en lui proposant des pistes en fonction:

  • de la situation du client: lors de l’appel, sa fiche client remonte en visibilité, et Zelros identifie des pistes de ventes additionnelles en fonction de situations apprises auprès d’autres clients
  • de l’historique du client: Zelros peut identifier que ce client a déjà appelé 3 fois en 3 jours et on peut supposer qu’il est mécontent, et peut en informer le téléconseiller pour lui proposer une démarche associée
  • des objectifs commerciaux de l’entreprise

Ce ne sont que quelques exemples, mais qui donnent une première idée de ce qui peut être fait. Il s’agit donc de proposer la prochaine « bonne action » à faire auprès d’un client en fonction de la probabilité de transformation / satisfaction autour de cette action.

Une interface extensible

Plus généralement, la technologie déployée par Zelros est plutôt bien pensée. En effet, elle s’appuie sur un certain nombre de connecteurs, d’API ou de web services vers des outils existants. Ainsi, il n’est pas utile de modifier en profondeur le SI existant pour exploiter cette technologie. Il est par ailleurs possible de progressivement connecter de nouvelles solutions pour étendre les compétences de l’outil.

De plus, l’outil peut être contacté par un simple messenger, qui se charge de mettre à disposition toutes les informations par une même interface!

Autrement dit, nous avons une possibilité ici d’augmenter nos salariés pour les faire monter en capacité de satisfaire les clients (à défaut de toujours pouvoir les faire monter en compétences).

Conclusion sur le principe d’augmenter l’humain par l’intelligence artificielle

La solution de Zelros commence à trouver une certaine reconnaissance et expertise sur le marché. Je ne doute pas que cela continue de décoller dans les mois à venir. La double intégration dans la Microsoft AI Factory de Station F et dans l‘incubateur Swave en janvier vont donner un coup d’accélérateur certain!

Ainsi, avant d’envisager l’intelligence artificielle comme source de tous les maux, il paraît sensé de s’intéresser à ses apports dans la vie quotidienne et comment elle nous permet d’être meilleurs dans ce que nous faisons.

La technologie reste avant tout un outil, et comme le silex qui a permis d’améliorer le processus de la chasse, l’IA permettra d’améliorer les processus de gestion!

Note: Je ne cherche pas à mettre sous silence les risques potentiels de l’intelligence artificielle à moyen ou long terme. J’estime qu’il faudra une réflexion globale et coordonnée. Le gouvernement a d’ailleurs mandaté sur le sujet Cédric Villani, l’un de nos experts français, qui se trouve en plus être député! Toutefois, il serait illusoire de penser que nous pouvons arrêter l’histoire. Il convient donc de l’accepter et de l’orienter du mieux que nous pouvons!