Otoconnect – L’intermédiaire des données du véhicule

otoconnect

Lorsque l’on s’intéresse aux objets connectés des véhicules, ou plus techniquement ce que l’on appelle la télématique, une problématique majeure apparait: l’exploitation des données! La startup Otoconnect s’intéresse à ce segment et travaille sur la mise à disposition de multiples connecteurs, autour d’une première cible, la portabilité des contrats dans le cadre du règlement RGPD. Continuer la lecture de « Otoconnect – L’intermédiaire des données du véhicule »

Zelros: Augmenter l’humain par l’intelligence artificielle

augmenter l'humain par l'intelligence artificielle

On entend tout et n’importe quoi à propos des impacts à prévoir du développement de l’intelligence artificielle, de la destruction du travail jusqu’à la peur d’une sorte de grand remplacement. Si certaines de ces craintes ne sont pas inutiles, tentons d’apporter un peu de lumière sur ce terrain par l’exemple de Zelros, qui tente avec sa solution, non pas de le supprimer, mais plus intelligemment d’augmenter l’humain par l’intelligence artificielle.

Quelques erreurs sur l’intelligence artificielle

Il est indéniable que les intelligences artificielles (Note: je préfère le traiter au pluriel, du fait de la diversité des situations) sont d’une part en train de se structurer et de devenir de plus en plus performantes et d’autre part vont bouleverser notre quotidien. On ne compte plus les articles qui traitent de ce sujet, depuis les technologies en présence jusqu’aux impacts potentiels sur l’économie. Je voudrais revenir sur 2 idées qui me frappent couramment et que je considère comme des erreurs.

L’IA et l’emploi

On entend fréquemment dire que l’IA va faire disparaître l’emploi. Il s’agit ici de faire une distinction entre emploi, travail, et métier! Selon moi, il n’est pas question (dans un premier temps au moins) que l’IA fasse disparaître l’emploi, ni le travail, mais plutôt un certain nombre de métiers.

Prenons l’exemple de Fukoku Mutual Life Insurance qui, en déployant un robot Watson d’IBM a réduit significativement sa masse salariale. C’est en effet l’exemple le plus fréquemment utilisé. Watson est capable de réaliser un certain nombre de tâches qui constituaient jusqu’alors l’intégralité de certains métiers. Autrement dit, l’automatisation de ces tâches implique naturellement la disparition des métiers concernés.

Si les entreprises ne s’arrêtent qu’à une première lecture (strictement financière, au sens négatif du terme), elles peuvent supprimer les emplois associés. En revanche, c’est à mon sens un point de vue très court termiste, car les emplois vont plutôt avoir tendance à se transformer. Les chiffres indiquent plutôt que 60% des métiers de 2030 n’existent pas encore. On voit clairement que ces nouveaux métiers seront couverts par des emplois. Il existe toutefois une question de transition à gérer, et c’est pourquoi on ne cesse de répéter (et je le dis également à mes étudiants) qu’on ne cherche plus des gens bien formés, mais des gens capables d’apprendre!

Intelligence artificielle en opposition à intelligence humaine

Selon certains, l’IA serait nécessairement opposée à l’humain, qu’elle pourrait remplacer intégralement. Il est vrai de dire que la technologie va de plus en plus loin et qu’il est inquiétant de voir qu’elle est utilisée parfois à mauvais escient.

En revanche, je reste persuadé que l’intelligence émotionnelle d’un être humain restera nécessaire dans un certain nombre de relations humaines. Autrement dit, il ne s’agit pas d’envisager le remplacement de l’humain par la machine, mais bien de l’amélioration de l’humain par la technologie. Je parle d’amélioration intellectuelle et non de transhumanisme ici.

La solutions de Zelros

Zelros est une startup française. J’ai eu l’occasion de rencontrer son CEO Christophe Bourguignat lors de l’événément Insurection by April à Lyon en novembre 2017. J’avais été agréablement surpris par sa solution et les opportunités que cela peut ouvrir pour l’avenir.

L’humain augmenté

Pour faire simple et utiliser un exemple parlant, le postulat de Zelros gravite, dans un premier temps, autour du conseiller téléphonique. La démarche de réponse à un client par téléphone aujourd’hui réside essentiellement dans 2 aspects: les compétences et connaissances du conseiller, la rapidité des outils et la simplicité de navigation. Or, il s’avère fréquemment que le turn-over de ces équipes d’une part, ou les insuffisances des outils d’autres part, rendent difficile cet exercice.

Zelros propose alors d’améliorer l’information à disposition du conseiller en lui proposant des pistes en fonction:

  • de la situation du client: lors de l’appel, sa fiche client remonte en visibilité, et Zelros identifie des pistes de ventes additionnelles en fonction de situations apprises auprès d’autres clients
  • de l’historique du client: Zelros peut identifier que ce client a déjà appelé 3 fois en 3 jours et on peut supposer qu’il est mécontent, et peut en informer le téléconseiller pour lui proposer une démarche associée
  • des objectifs commerciaux de l’entreprise

Ce ne sont que quelques exemples, mais qui donnent une première idée de ce qui peut être fait. Il s’agit donc de proposer la prochaine « bonne action » à faire auprès d’un client en fonction de la probabilité de transformation / satisfaction autour de cette action.

Une interface extensible

Plus généralement, la technologie déployée par Zelros est plutôt bien pensée. En effet, elle s’appuie sur un certain nombre de connecteurs, d’API ou de web services vers des outils existants. Ainsi, il n’est pas utile de modifier en profondeur le SI existant pour exploiter cette technologie. Il est par ailleurs possible de progressivement connecter de nouvelles solutions pour étendre les compétences de l’outil.

De plus, l’outil peut être contacté par un simple messenger, qui se charge de mettre à disposition toutes les informations par une même interface!

Autrement dit, nous avons une possibilité ici d’augmenter nos salariés pour les faire monter en capacité de satisfaire les clients (à défaut de toujours pouvoir les faire monter en compétences).

Conclusion sur le principe d’augmenter l’humain par l’intelligence artificielle

La solution de Zelros commence à trouver une certaine reconnaissance et expertise sur le marché. Je ne doute pas que cela continue de décoller dans les mois à venir. La double intégration dans la Microsoft AI Factory de Station F et dans l‘incubateur Swave en janvier vont donner un coup d’accélérateur certain!

Ainsi, avant d’envisager l’intelligence artificielle comme source de tous les maux, il paraît sensé de s’intéresser à ses apports dans la vie quotidienne et comment elle nous permet d’être meilleurs dans ce que nous faisons.

La technologie reste avant tout un outil, et comme le silex qui a permis d’améliorer le processus de la chasse, l’IA permettra d’améliorer les processus de gestion!

Note: Je ne cherche pas à mettre sous silence les risques potentiels de l’intelligence artificielle à moyen ou long terme. J’estime qu’il faudra une réflexion globale et coordonnée. Le gouvernement a d’ailleurs mandaté sur le sujet Cédric Villani, l’un de nos experts français, qui se trouve en plus être député! Toutefois, il serait illusoire de penser que nous pouvons arrêter l’histoire. Il convient donc de l’accepter et de l’orienter du mieux que nous pouvons!

Panorama insurtechs – 5 février 2018

panorama insurtechs

La mise à jour de mon panorama insurtechs continue avec 13 ajouts le 5 février 2018. Vous trouverez la mise à jour ici. Ce sont désormais 136 startups qui sont documentées, provenant de 19 pays.

Ajouts au Panorama Insurtechs du 5 février 2018

Au menu des ajouts d’aujourd’hui:

  • Mi Compi: Comparateur d’assurance pour animaux de compagnie, Connaissance des besoins et inquiétudes des propriétaires d’animaux.
  • Traity: Garantie de réputation online, Améliore la confiance à donner à un utilisateur sur internet et réduit le risque de fraude en pénalisant le client concerné.
  • Brokalia: Assurance affinitaire de communautés, avec un premier produit destiné aux gestionnaires de parc immobilier.
  • Clicksurance: Création et distribution en ligne de produits sur-mesure.
  • Blue Yonder: Initialement dédiée au retail, cette solution d’intelligence artificielle, alliée au machine learning permet de proposer des prédictions d’offres, Optimisation de prix en direct.
  • Allo Media: Cookie vocal, Développer les ventes, Réduire le churn, Solution de Call Tracking Intelligent qui analyse et relie en temps réel le parcours client aux motifs d’appels entrants.
  • Bandboo: Assurance collaborative qui propose un cash-back sur la partie de prime non utilisée.
  • Insure Pal: Assurance collaborative fondée sur un système de recommandation, et supportée par une technologie blockchain.
  • Ezytrack: Solution de gestion de flottes via télématique embarquée.
  • Sentisum: Utilisation de l’intelligence artificielle, du machine learning pour améliorer l’expérience utilisateurs, réduire l’attrition et traiter intelligemment les moments de vie, Plateforme d’Insight as a service.
  • Jetty: Simplification de l’assurance habitation en s’intéressant au besoin intégral du client sur l’habitation, et notamment en contournant le dépôt de garantie.
  • Baloon: Souscription simplifiée pour s’adapter aux besoins des pays d’Afrique: 1 photo = 1 devis, 3 photos = 1 assurance.
  • Revolut: Assurance voyage et mobile simplifiée, bon marché et souscription rapide.

Contactez-moi si vous n’apparaissez pas encore dans le panorama insurtechs!

IRDES – Les ACO américains : des enseignements pour la France?

ACO américains

L’IRDES (Institut de Recherche et Documentation en Economie de la Santé) est un gip qui effectue de la recherche indépendante et produit des publications scientifiques. Ils s’adressent aux chercheurs et aux acteurs publics et privés des domaines de la santé et de la protection sociale. Il ont publié en avril 2017 un rapport d’analyse sur les ACO américains (Accountable Care Organization). Ce rapport s’intitule: L’expérience américaine des ACO: des enseignements pour la France?

Rappel d’organisation des ACO américains

Les ACO américains, mis en place dans la foulée de l’Obamacare en 2010 sont un ensemble d’environ 800 organismes intermédiaires, sous contrats publics ou privés et qui coordonnent des offreurs de soins. Ces Accountable Care Organization sont associés pour garantir la performance des traitements appliqués à leur patientèle de « tutelle ». Environ 15% des américains sont couverts par ce type de structure, soit 28millions de personnes.

Si l’assurance santé aux Etats-Unis diffère de la France quant aux types d’acteurs, les modalités d’accès aux soins sont globalement similaires. L’essentiel des soins ambulatoires est géré par des libéraux. Pour tout le reste, un tiraillement existe entre une notion de réseaux de soins d’un côté (Managed Care Organizations – MCO) et une volonté globale de favoriser la concurrence. Dans les deux cas, l’objectif recherché est une réduction des coûts.

Les ACO américains vont plus loin que la notion de MCO en intégrant une notion de qualité des soins au-delà du simple coût de ceux-ci. Tous les assureurs peuvent signer des contrats de ce type dans un but de se doter d’une gouvernance pour atteindre des objectifs de qualité et financiers communs. Il faut au minimum 5000 patients couverts, intégrer différents secteurs de soins ou bien encore prévoir différentes modalités de rémunérations. Côté prestataires de soins, il est tout à fait possible, tout en ayant signé un accord avec un ACO, de continuer à recevoir d’autres patients. La relation n’est pas exclusive. Si l’on rapproche cela du fonctionnement français, cela correspondrait à un réseau de soins, qui, en plus de négocier des tarifs, serait également co-responsable de la qualité de la prestation servie et de son efficacité.

La France, qui s’affiche comme pays de référence sur la qualité des soins, a-t-elle quelque chose à apprendre ou à s’approprier de ce modèle?

3 axes d’analyse

Les modalités de rémunération

Le principe de rémunération est essentiel dans le modèle, car c’est l’incitation majeure qui détermine le fonctionnement des ACO.

Plusieurs concepts complémentaires font partie du modèle:

  • La rémunération des actes: la première brique
  • La rémunération de la qualité: sur la base de scores ou de bonus / malus
  • Le partage des risques: par un système proche de la participation aux bénéfices

Puis, pour chacune de ces composantes, les modalités peuvent varier entre les différents acteurs. Par exemple, pour la rémunération des actes, 3 exemples sont cités: rémunération principale à l’acte, comme en France (la TAA), la capitation (tarification par « tête »), ou encore le principe d’un budget global réparti selon une clé de répartition à définir.

Au global, un certain nombre d’indicateurs sont utilisés et tiennent compte, la plupart du temps:

  • d’indicateurs de structure pour 10% du global,
  • de processus pour 70%
  • de résultats pour 20%.

Note: si un ACO peut techniquement travailler avec plusieurs assureurs, les modalités pratiques de facturation différentes dans tous les cas rendent cet exercice compliqué.

Quelles améliorations espérer?

Malgré un faible recul, 2 axes ont pu être observés et étudiés:

  • L’apport des ACO américains en termes de réduction de dépenses. Celle-ci est faible, mais réelle entre un système traditionnel, et un passage via ACO, sur 2 populations comparables. L’ordre de grandeur constaté est de 0,7% des dépenses. Note: Cela représente 67$ par américain, ce qui donne un coût annuel d’environ 10000$. Est-il raisonnable d’envisager les mêmes résultats en France?
  • Les gains de qualité: l’amélioration est variable. Pour le suivi des maladies chroniques, l’amélioration est significative, alors que pour les soins courants ou la prévention/dépistage, ce n’est pas le cas. Note: Instinctivement, on perçoit que les gains sont les plus importants lorsque l’on traite de volumes coûteux.

Quels leviers exploiter?

Plusieurs éléments ont été envisagés pour améliorer le fonctionnement, la coordination ou la qualité. Par exemple, cela concerne la sélection des membres ou des incitations. Cependant, plusieurs pistes sont formulées de manière plus poussées:

  • Des SI chaînés qui traitent l’intégralité du processus métier: ce point est déjà plutôt efficace en France, mais pas nécessairement aux Etats Unis.
  • L’identification proactive des patients ayant des besoins de dépenses importants. Je vous invite à relire à ce sujet cet article.
  • Le développement des care managers, (en France le case management), pour organiser et coordonner l’approche globale.
  • Des programmes de transition hopital ville
  • Des dépenses d’investissement dans le fonctionnement des structures avec éventuellement plus de salariat: On voit apparaître ce point en France, avec le même type de questionnement dans les déserts médicaux par exemple.

Mon avis sur les ACO américains

Il est évident qu’il y a un manque de recul pour effectuer un véritable retour d’expérience. Toutefois, on sent poindre ici un modèle d’organisation qui pourrait s’intégrer intelligemment dans la structure des frais de santé en France. Cela donnerait aux assureurs un rôle encore plus actif par rapport à cette activité en organisant des incitations. Nous sommes encore malheureusement un peu frileux dès que l’on touche ce sujet en France, mais les mentalités évoluent.

Sur la forme, il est regrettable que le document ne puisse être reproduit car le travail d’étude réalisé mériterait d’être plus partagé!

Inspeer.me et l’assurance collaborative affinitaire

assurance collaborative affinitaire

La startup inspeer.me se positionne sur le segment de l’assurance collaborative affinitaire. J’ai eu l’occasion d’avoir un échange téléphonique avec sa co-fondatrice, Emmanuelle Mury, il y a quelques temps. J’en profite pour vous en dire un peu plus sur son activité!

Un peu d’histoire

Inspeer.me a été lancé en 2015 autour d’un produit dédié à la mutualisation de la franchise d’assurance. Ce produit permettait, sans changer d’assureur et de contrat, de mutualiser sa franchise au sein d’un groupe. Indirectement, cela ouvrait la possibilité pour les assurés de renégocier avec leur assureur une franchise plus élevée.

L’offre a progressivement évolué, pour mieux s’adapter aux besoins des clients, et contourner les difficultés inhérentes à la notion de communauté d’une part, et celle de produit collaboratif d’autre part!

Trois questions identitaires autour de l’assurance affinitaire collaborative

Comment adresser la notion de communauté?

Un des premiers retours d’expérience d’Inspeer, est que la communauté ne se décrète pas! En clair, il ne suffit pas de montrer aux gens qu’ils ont un point commun, un intérêt commun ou des affinités pour qu’ils considèrent pertinent d’aligner leurs démarches!

assurance collaborative affinitaire

Ainsi, il est illusoire de penser que l’on peut laisser à l’assuré l’initiative de la démarche de rapprochement. La communauté ne se crée pas, il s’agit plutôt de mieux savoir segmenter les besoins existants pour y apporter une réponse pertinente! On se trouve à mi-chemin entre des offres grand public, de masse et peu différenciées, et des offres (ou surtout des tarifs) totalement individualisées. C’est tout le concept de l’assurance affinitaire, qui existe déjà, mais qu’il est désormais possible d’affiner.

Qu’est ce qu’un produit collaboratif?

Par la nature même de l’assurance, tous les produits sont « collaboratifs ». En effet, ils visent à mutualiser un risque! Dans le cas qui nous intéresse, les produits dits « collaboratifs » ont vocation:

  • Soit à effectuer cette mutualisation sur un groupe de personnes restreint et connu (une communauté par exemple). Dans ce cas, l’effet recherché est la volonté de ne pas payer pour des mauvais conducteurs par exemple, en mettant en avant la connaissance et la confiance en la dite communauté.
  • Soit de faire porter le risque différemment: partage de franchise par exemple (c’était le produit d’origine d’inspeer.me). Dans ce cas, il s’agit de pouvoir envisager la relation avec l’assureur de manière différente. C’est le même principe que de l’auto assurance ou de la conservation, mais on choisit de réassurer cette franchise au sein d’un groupe connu.

Dans la plupart des cas connus existants, cette notion de collaboratif va jusqu’au reversement de la part de prime perçue et non utilisée à des œuvres charitables. Je pense notamment à Lemonade dans ce cas, qui a poussé l’exercice le plus loin: cet argument incite selon lui les gens à faire attention et ne pas trop « consommer » l’assurance!

Quel sens peut-on donner à son produit d’assurance

Enfin, le dernier point soulevé par la démarche d’Inspeer.me est la notion du sens à donner à son produit d’assurance. En effet, les personnes qui pourraient être intéressées par la notion d’assurance collaboratives ont tendance à indiquer qu’elle souhaite que leur assurance ne soit pas juste un produit financier. Ces individus s’intéressent au rôle social et sociétal de leur action et sont souvent attirées par les entreprises du monde de l’économie sociale et solidaire.

Les perspectives d’Inspeer.me et de l’assurance collaborative affinitaire

Bref, côté Inspeer.me, forts de ces constats et de leur première expérience, les produits se sont améliorés. Ainsi, plutôt que de chercher à créer la communauté de toute pièce, ils sont partis d’usages communs qui supposaient l’existence d’une communauté (plus ou moins formalisée et constituée). Ainsi est née l’assurance pour les véhicules électriques.

En effet, les conducteurs de ce types de véhicules ne trouvaient pas d’assurance satisfaisante (mauvaise ou absence de couverture de la batterie par exemple) et ont des comportements similaires (plus prudents, pour préserver la batterie de ces véhicules et volonté d’exploiter ces véhicules au mieux).

Le produit a été co-construit sur et avec les réseaux sociaux, de manière participative, pour bien intégrer les besoins et les usages.

Le produit a été lancé en juillet 2017, il est donc trop tôt pour en tirer des enseignements, mais les premiers résultats sont plutôt encourageants.

Conclusion sur l’assurance collaborative affinitaire d’Inspeer

Dans la lignée de ce que j’écrivais il y a quelques temps, il apparaît que chercher à modifier le comportement pour le faire tenir dans une offre produit standardisée ne fonctionne pas. Quand bien même cette offre serait collaborative! Ainsi, c’est bien la spécialisation des offres pour être les plus ajustées possibles aux usages qui peut intéresser et changer la donne.

C’est en ce sens que j’indiquais dans mes 6 prédictions pour 2018 que la refonte des offres me semble nécessaire et souhaitable!

Inspeer a semble-t-il trouvé une piste intéressante à creuser, il reste à savoir s’il est possible (et comment) de trouver d’autres communautés pertinentes pour étendre l’activité.

Matteo Carbone – 4P des insurtechs

4P des insurtechs

Matteo Carbone est un leader d’opinion du milieu des insurtechs, et connu aujourd’hui comme l’un des plus en vue sur le marché. Il a créé l’observatoire de l’assurance connecté (Connected Insurance Observatory), un groupe de travail international, d’abord européen, puis sur l’Amérique du Nord, dédié aux insurtechs. Matteo participe à de nombreuses conférences autour du monde tout au long de l’année. Il y déroule sa théorie des 4P des insurtechs, et je voulais depuis longtemps en faire une présentation.

Les 4P des insurtechs

Avant toute chose, vous pouvez écouter Matteo Carbone dans sa présentation lors du Global Insurance Symposium à Des Moines en 2017.

Vous pouvez par ailleurs, retrouver les slides à ce lien, si vous êtes un aficionado de sa prose, sans vouloir écouter son merveilleux accent anglais!

Les points clés à retenir

Selon Matteo Carbone, les insurtechs peuvent intervenir sur 4 axes:

  • Productivité: être plus efficient
  • Profitabilité: obtenir un meilleur résultat technique
  • Proximité: être plus proche du client et de ses besoins
  • Pérennité du portefeuille (le terme qu’il utilise est « Persistency » qui signifie plutôt la persistance dans le temps, et donc l’absence d’attrition) : Construire un portefeuille rentable sur le long terme, avec une faible rotation.

En l’absence de ces objectifs, il n’y a pas d’intérêt à innover car la solution n’apportera rien d’utile.

La télématique

Le 2ème sujet abordé dans cette présentation est la télématique, car c’est l’un des sujets phares de Matteo Carbone. Le rapport de Swiss Re dont je me faisais l’écho il y a quelques mois est directement travaillé avec lui, lorsqu’il s’agit de l’exemple italien.

3 sujets sont à considérer:

  • L’objet connecté: souvent une boite noire raccordée au véhicule
  • La couverture assurantielle: et la notion de réduction incitative qui y est associée
  • Les services associés: l’accès à un ensemble de services additionnels qui peuvent être fournis pour un tarif fixe.

Sous les arguments que la télématique permet d’elle-même et naturellement une sélection des meilleurs risques (Note: c’est discutable) et un meilleur contrôles des indemnisations (Note: ça en revanche, je partage), il arrive à la conclusion que le résultat financier de l’assureur est amélioré grâce à cette technologie.

4P des insurtechs

Il est également possible de retravailler l’expérience client sur l’intégralité de son usage du véhicule et des différents besoins qui pourraient être pertinent. Note: cet aspect est tout à fait essentiel, car c’est des usage que l’on en déduit l’exploitation que l’on peut faire des technologies.

4P des insurtechs

Enfin, les chiffres qu’il présentent montrent que l’attrition serai plus faible avec la télématique que sans (11% au lieu de 14%).

Bref, que des points positifs!

Ma conclusion

Je partage pas mal des conclusions de Matteo.

En me lisant, vous aurez compris que les questions de l’usage et du besoin métier m’intéressent en 1er lieu. Les 4P des insurtechs sont une clé de lecture qu’il est intéressant de garder en tête.

Côté Télématique, je suis également convaincu des perspectives à court/moyen terme sur le sujet. Je vous invite à relire ma note à ce sujet. Discutons-en si vous voulez envisager un déploiement!

Les assureurs ont besoin d’un loup

les assureurs ont besoin d'un loup

Une vidéo partagée il y quelques temps sur Linkedin a attiré mon attention. Après l’avoir vue, je me suis dit que les assureurs ont besoin d’un loup! Je ne suis pas un fervent adepte des softs skills et des aspects humains ou RH! Cependant, ce sont aujourd’hui des sujets incontournables qu’il convient d’interroger. Le fond (technique et organisationnel) de l’innovation ne peut aller sans la forme!

Contexte

Voici donc la vidéo en question

Pour en savoir plus sur ce phénomène, vous pouvez également cet article.

En bref, des loups ont été réintroduits dans le parc National Yellowstone aux Etats-Unis. Les conséquences ont été étonnantes: retour et développement d’espèces animales et végétales, modification de l’écosystème et de l’apparence géographique des lieux!

Pourquoi les assureurs ont besoin d’un loup?

Une morale peut être tirée de cette vidéo et de l’observation de cette situation:

  • D’une part, les actions que nous faisons n’ont pas les conséquences que l’on imagine
  • D’autre part, et c’est plus important, il faut souvent penser hors des sentiers battus et chercher de nouvelles solutions pour répondre à des difficultés récurrentes ou historiques.

Si l’on s’en tient à ce dernier point, et que l’on essaie d’extrapoler la situation à la situation d’un assureur, que peut-on en tirer comme conclusions? On voit souvent chez nos amis assureurs quelques réticences au changement. Il existe des difficultés, soit historiques, soit techniques, soit organisationnelles à une nécessaire transformation. La réglementation « protège » ces acteurs des nouveaux entrants, mais pour combien de temps encore. De plus, nous nous interrogeons souvent, nous consultants, sur les moyens à envisager pour insuffler l’innovation dans les organisations.

J’évoquais la semaine dernière les évolutions comportementales qui peuvent être, dans une certaine mesure, manipulées grâce aux nudges.

On voit donc également qu’il est possible d’exploiter des stratégies à rebond: jouer sur les effets secondaires inattendus d’une action qui, au premier abord, semble sortir de la zone de confort!

Ainsi, je préconiserais une maxime: comme le parc Yellowstone, les assureurs ont besoin d’un loup. Il s’agit donc à chacun de trouver son loup!

Quel loup ?

Quel loup peut être de nature à appuyer la transformation de l’assurance. Selon moi, il peut prendre plusieurs formes:

  • Le loup-femme: incroyable de devoir encore écrire cela au 21ème siècle, mais nommer plus de femmes aux COMEX apparaît encore comme une action hors de la zone de confort des assureurs… No comment! Le loup-femme chassera les inégalités et favorisera une émulation au sein de vos collaboratrices féminines!
  • Le loup-jeune (à ne pas confondre avec le jeune loup): Les nouvelles générations apportent une vision nouvelle des processus, des procédures ou des outils. Je ne rentre pas dans les débats de vocabulaire (Millenial, Génération Y, ou encore Z). En revanche, il semble certain que cela apporte un vent de fraîcheur qui est de nature à challenger une organisation. Reste à savoir l’écouter! Le loup-jeune chasse les traditions et favorise donc la renaissance des processus en les questionnant dans leur intégralité.
  • Le loup-senior: Avec son expérience, il peut faire monter en compétence toute une équipe ou être extrêmement complémentaire d’une équipe d’innovation interne pour apporter son expertise! Le loup-senior chasse l’approximation propre à beaucoup d’équipes créatives et innovantes en ajoutant un peu de lest à l’imagination pour tout de même savoir rester pragmatique.
  • Le loup-extérieur: Recruter en dehors du domaine de l’assurance est à première vue contre-productif. Toutefois, cela peut croiser les bonnes pratiques avec d’autres secteurs d’activité, et faciliter les questionnements. Le loup-extérieur chasse les habitudes et amène directement avec lui des nouvelles espèces.

Cette liste est évidemment extensible presque à l’infini. L’important est de diversifier les points de vue. En effet, l’innovation et la créativité sont les fruits d’une prise de recul, d’une expérience, et d’une ouverture d’esprit! Si vous le souhaitez, nous pouvons chercher votre loup ensemble!

En cette période hivernale et d’entretiens, cet état d’esprit est un terreau essentiel pour préparer naturellement le terrain pour vos semis du printemps.

Deecide – Enchères inversées d’assurance

encheres inversées d'assurance

Deecide est l’un des 3 acteurs du monde de l’insurtech belge (avec Qover et Seraphin). C’est un acteur qui mérite d’être signalé dans la relation qu’il tente d’imposer dans la distribution d’assurance en Belgique. J’ai eu l’occasion de les avoir au téléphone il y a quelques temps, j’en profite pour relayer un peu de précisions sur leur contenu.

Contexte

La société a été créée par Gilles Meignin et Antoine de Beys.

Comme beaucoup d’entrepreneurs, c’est après une expérience dans le monde de l’assurance que les 2 co-fondateurs se lancent. Ils connaissent donc très bien le métier, et le contexte belge, légèrement différent de la France. En effet, la part du courtage en Belgique y est bien plus importante, de l’ordre de 70 à 80% du volume d’affaires.

Une levée de fonds à l’été 2017 a permis de lancer le site à l’automne.

Après quelques jours de lancement et une campagne de communication télé, le site comptait déjà près de 700 personnes inscrites, ce qui était un début prometteur.

Offre / Promesse

Le site propose un système d’enchères inversées d’assurance.

  • Un assuré qui souhaite trouver un nouveau contrat se crée un compte et se connecte;
  • Il crée sa demande en détaillant le contenu de son profil et du risque à couvrir, comme sur n’importe quel deviseur ou comparateur en ligne;
  • Sa demande est publiée une dizaine de jours sur le site;
  • Dans un 1er temps, l’intermédiaire actuel déclaré de l’assuré a l’exclusivité pour ajuster la proposition de son propre assuré;
  • Si aucun accord n’est trouvé, les partenaires assureurs (maisons mères, agents, courtiers, etc) ont la possibilité de venir proposer une offre;

encheres inversees d'assurance

  • Les assureurs qui ont fait une proposition ont la possibilité de voir les réponses des autres et éventuellement de surenchérir (prix, service);
  • L’assuré peut « deecider » l’offre qui lui semble la plus pertinente pour son besoin.

Tout au long de ce processus, une messagerie interne permet à l’assuré d’échanger facilement avec les assureurs qui répondent.

Mon avis sur les enchères inversées d’assurance par Deecide

Je craignais que la solution ne soit trop proche d’un simple comparateur. En revanche, là où le comparateur ne met souvent en avant que le prix, Deecide laisse la place pour mettre en avant des services additionnels ou le contenu des offres en termes qualitatifs.

Toutefois, à mon sens, Deecide rentre dans la catégorie des améliorations ou accélérateurs que les assureurs peuvent ou pourraient déployer s’ils prenaient la peine de s’intéresser aux usages, demandes et expériences de leurs clients. N’attendons donc pas de Deecide de révolutionner la distribution d’assurance, mais bien de participer à établir un nouveau standard de marché.

Gras Savoye – Les marchés de l’assurance 2018

marchés de l'assurance 2018

Le courtier Gras Savoye, appartenant au Groupe Willis Towers Watson, a publié en septembre 2017 une note de conjoncture intéressante sur la transformation des métiers de l’assurance 2018. Ils reviennent donc, par ligne business sur les tendances en cours.

Généralités

Globalement le marché de l’assurance français est plutôt stable:

  • Le marché mondial est en léger repli
  • La France reste un marché important (5ème acteur mondial), avec un peu plus de 200Mds d’euros de primes
  • L’assurance de personnes représente 75% de ce chiffre, et voit une progression des primes prévoyance
  • L’assurance de biens est sujette à une forte concurrence, et subissent une hausse importante de la sinistralité, qui affecte les résultats techniques. C’est dû notamment aux événements climatiques.

Dans le détail des marchés de l’assurance 2018

En bref

Vue la richesse du rapport, il est compliqué de le synthétiser, et je préfère vous suggérer de vous y référer si besoin est. Je préfère donc vous présenter le plan!

marchés de l'assurance 2018 marchés de l'assurance 2018

Chaque thématique est traitée selon 5 axes:

  • Capacité / Appétit
  • Prix
  • Franchises
  • Garanties
  • Souplesse

Quelques points essentiels à retenir

  • 3 alternatives au transfert de risques sont présentées:
    • Assurance structurée: qui permet de couvrir les conséquences sur plusieurs exercices des risques nouveaux ou complexes. (terrorisme, pandémies, grêves, etc.)
    • Assurance paramétrique: ou index-based insurance, dont j’ai déjà beaucoup parlé ici
    • Approche mutli-line / Multi-year: qui permet de réduire la volatilité
  • Les polices D&O (Dirigeants) continuent d’évoluer et de s’adapter à des risques très changeants. Le sur-mesure est de mise sur ce marché rentable et dynamique (nouvelles réglementations, risques cyber, etc qui accroissent les risques pour les dirigeants).
  • L’intérêt va croissant pour les garanties combinées fraude / cyber, bien que ces montages ne permettent pas toujours d’obtenir les meilleures propositions. Note: On comprend en creux que les clients cherchent à tout prix à se couvrir contre un risque méconnu, mais perçu comme critique.
  • Les produits Kidnap & Ransom sont en plein essor, du fait d’un contexte géopolitique international parfois hasardeux.

Conclusion: Mon avis

Ce rapport est une mine d’information, très technique, mais essentiel à une bonne compréhension de la complexité des risques lourds. A déconseiller sur la table de chevet, mais impérativement sous le coude!

En creux, on y voit apparaître, comme souvent, les produits d’assurance qui pourraient demain se généraliser. Les tendances observées, notamment sur le cyber, la fraude ou les aspects réglementaires sont en ce sens de bons indicateurs du futur.

RAPPORT KleinBlue – Benchmark Les assureurs face aux insurtechs

Benchmark Les assureurs face aux insurtechs

Le cabinet Klein Blue a publié 2 rapports assez remarqués sur le marché sur le sujet des insurtechs. Le premier, Panorama insurtech France a été publié en juin 2017. Le second, « Benchmark Les assureurs face aux insurtechs et acteurs innovants« , a été publié en décembre 2017. Ils viennent confirmer la volonté de positionnement du cabinet (et son associé Salim Echoukry) comme un accompagnateur de qualité pour des assureurs qui se posent des questions quant à leur stratégie d’innovation sur le marché. Je commence l’année par ne pas prendre de retard et traite donc ici du dernier publié ! Continuer la lecture de « RAPPORT KleinBlue – Benchmark Les assureurs face aux insurtechs »