Revue de presse du 9 mars 2018

revue de presse du 17 avril 2018

Voici un petit tour d’horizon des articles qui ont attiré mon attention et méritent d’apparaître dans la revue de presse du 9 mars 2018!

Niort tech, un nouvel incubateur

Liens: A Niort, un nouvel incubateur dédié aux insurtechs.

Les grands assureurs Niortais s’associent pour créer un incubateur local dont la volonté est d’accompagner 25 insurtechs en 3 ans. Les sujets de prédilection sont les suivants: « les start-up qui œuvrent dans les domaines de la mobilité, de l’habitat, de la santé et qui utilisent des technologies comme la blockchain, l’internet des objets, l’intelligence artificielle et le big data », selon Bruno Lacoste de la Maaf.
S’il est indéniable que ces assureurs sont des poids lourds du marché, le choix local Niortais est pour le moins ambitieux dans une volonté de compétition sur un marché qui s’internationalise. J’attends de voir quelles startups seront tentées par l’aventure! Cependant la vraie question est de savoir si l’objectif de Niort Tech ne serait pas autant de favoriser l’émergence de startups de taille mondiale que d’organiser l’évangélisation et l’acculturation des équipes des assureurs participants.

La montée des écosystèmes et des plateformes

Liens: Articles de McKinsey.

McKinsey considère que d’ici à 2025, 30% du business sera généré par des écosystèmes, et ils présentent 12 d’entre eux, qui pourraient émerger d’ici là!

Inschain, assurance blockchain

Lien: Inschain

Inschain se présente comme un acteur blockchain dédié au monde de l’assurance, servant notamment à automatiser les workflows de travail. Leur livre blanc donne plus de précisions sur leur business model et sur la roadmap notamment. Affaire à suivre de près pour se forger une opinion précise!

The event to be: Assurance TV

Jean-Luc Gambey a lancé son assurance TV, un programme dédié à la transformation du secteur de l’assurance. Prochain RDV: le 21 mars

A retrouver ici!

Otoconnect – L’intermédiaire des données du véhicule

otoconnect

Lorsque l’on s’intéresse aux objets connectés des véhicules, ou plus techniquement ce que l’on appelle la télématique, une problématique majeure apparait: l’exploitation des données! La startup Otoconnect s’intéresse à ce segment et travaille sur la mise à disposition de multiples connecteurs, autour d’une première cible, la portabilité des contrats dans le cadre du règlement RGPD. Continuer la lecture de « Otoconnect – L’intermédiaire des données du véhicule »

IRDES – Les ACO américains : des enseignements pour la France?

ACO américains

L’IRDES (Institut de Recherche et Documentation en Economie de la Santé) est un gip qui effectue de la recherche indépendante et produit des publications scientifiques. Ils s’adressent aux chercheurs et aux acteurs publics et privés des domaines de la santé et de la protection sociale. Il ont publié en avril 2017 un rapport d’analyse sur les ACO américains (Accountable Care Organization). Ce rapport s’intitule: L’expérience américaine des ACO: des enseignements pour la France?

Rappel d’organisation des ACO américains

Les ACO américains, mis en place dans la foulée de l’Obamacare en 2010 sont un ensemble d’environ 800 organismes intermédiaires, sous contrats publics ou privés et qui coordonnent des offreurs de soins. Ces Accountable Care Organization sont associés pour garantir la performance des traitements appliqués à leur patientèle de « tutelle ». Environ 15% des américains sont couverts par ce type de structure, soit 28millions de personnes.

Si l’assurance santé aux Etats-Unis diffère de la France quant aux types d’acteurs, les modalités d’accès aux soins sont globalement similaires. L’essentiel des soins ambulatoires est géré par des libéraux. Pour tout le reste, un tiraillement existe entre une notion de réseaux de soins d’un côté (Managed Care Organizations – MCO) et une volonté globale de favoriser la concurrence. Dans les deux cas, l’objectif recherché est une réduction des coûts.

Les ACO américains vont plus loin que la notion de MCO en intégrant une notion de qualité des soins au-delà du simple coût de ceux-ci. Tous les assureurs peuvent signer des contrats de ce type dans un but de se doter d’une gouvernance pour atteindre des objectifs de qualité et financiers communs. Il faut au minimum 5000 patients couverts, intégrer différents secteurs de soins ou bien encore prévoir différentes modalités de rémunérations. Côté prestataires de soins, il est tout à fait possible, tout en ayant signé un accord avec un ACO, de continuer à recevoir d’autres patients. La relation n’est pas exclusive. Si l’on rapproche cela du fonctionnement français, cela correspondrait à un réseau de soins, qui, en plus de négocier des tarifs, serait également co-responsable de la qualité de la prestation servie et de son efficacité.

La France, qui s’affiche comme pays de référence sur la qualité des soins, a-t-elle quelque chose à apprendre ou à s’approprier de ce modèle?

3 axes d’analyse

Les modalités de rémunération

Le principe de rémunération est essentiel dans le modèle, car c’est l’incitation majeure qui détermine le fonctionnement des ACO.

Plusieurs concepts complémentaires font partie du modèle:

  • La rémunération des actes: la première brique
  • La rémunération de la qualité: sur la base de scores ou de bonus / malus
  • Le partage des risques: par un système proche de la participation aux bénéfices

Puis, pour chacune de ces composantes, les modalités peuvent varier entre les différents acteurs. Par exemple, pour la rémunération des actes, 3 exemples sont cités: rémunération principale à l’acte, comme en France (la TAA), la capitation (tarification par « tête »), ou encore le principe d’un budget global réparti selon une clé de répartition à définir.

Au global, un certain nombre d’indicateurs sont utilisés et tiennent compte, la plupart du temps:

  • d’indicateurs de structure pour 10% du global,
  • de processus pour 70%
  • de résultats pour 20%.

Note: si un ACO peut techniquement travailler avec plusieurs assureurs, les modalités pratiques de facturation différentes dans tous les cas rendent cet exercice compliqué.

Quelles améliorations espérer?

Malgré un faible recul, 2 axes ont pu être observés et étudiés:

  • L’apport des ACO américains en termes de réduction de dépenses. Celle-ci est faible, mais réelle entre un système traditionnel, et un passage via ACO, sur 2 populations comparables. L’ordre de grandeur constaté est de 0,7% des dépenses. Note: Cela représente 67$ par américain, ce qui donne un coût annuel d’environ 10000$. Est-il raisonnable d’envisager les mêmes résultats en France?
  • Les gains de qualité: l’amélioration est variable. Pour le suivi des maladies chroniques, l’amélioration est significative, alors que pour les soins courants ou la prévention/dépistage, ce n’est pas le cas. Note: Instinctivement, on perçoit que les gains sont les plus importants lorsque l’on traite de volumes coûteux.

Quels leviers exploiter?

Plusieurs éléments ont été envisagés pour améliorer le fonctionnement, la coordination ou la qualité. Par exemple, cela concerne la sélection des membres ou des incitations. Cependant, plusieurs pistes sont formulées de manière plus poussées:

  • Des SI chaînés qui traitent l’intégralité du processus métier: ce point est déjà plutôt efficace en France, mais pas nécessairement aux Etats Unis.
  • L’identification proactive des patients ayant des besoins de dépenses importants. Je vous invite à relire à ce sujet cet article.
  • Le développement des care managers, (en France le case management), pour organiser et coordonner l’approche globale.
  • Des programmes de transition hopital ville
  • Des dépenses d’investissement dans le fonctionnement des structures avec éventuellement plus de salariat: On voit apparaître ce point en France, avec le même type de questionnement dans les déserts médicaux par exemple.

Mon avis sur les ACO américains

Il est évident qu’il y a un manque de recul pour effectuer un véritable retour d’expérience. Toutefois, on sent poindre ici un modèle d’organisation qui pourrait s’intégrer intelligemment dans la structure des frais de santé en France. Cela donnerait aux assureurs un rôle encore plus actif par rapport à cette activité en organisant des incitations. Nous sommes encore malheureusement un peu frileux dès que l’on touche ce sujet en France, mais les mentalités évoluent.

Sur la forme, il est regrettable que le document ne puisse être reproduit car le travail d’étude réalisé mériterait d’être plus partagé!

Innovation Assurance – Mes 6 prédictions pour 2018

6 prédictions pour 2018

Comme il est fréquent en ce début d’année, je vais moi aussi tomber dans le jeu des prédictions pour l’année à venir. Avec mes 6 prédictions pour 2018, voici donc les 6 sujets qui, selon moi, feront 2018 sur l’innovation dans l’assurance :

Objets connectés

Je pense que le moment est bon pour lancer des offres complètes autour de la télématique embarquée dans les voitures, les smart homes ou les wearables. Quand je pense à offres complète, cela ne signifie pas uniquement capture de données des utilisateurs. C’est aussi, surtout et avant tout, fournir des services à ces assurés ou exploiter ces outils pour mettre en place de nouvelles politiques de prévention.

Refonte des offres

C’est peut-être le corollaire du point précédent, mais un peu plus large, une refonte des offres. Il est temps de réfléchir l’offre de produits d’assurance comme l’élément structurant de la chaine de valeur de l’assurance, depuis la prévention, jusqu’au sinistre, et passant par l’ajout de service. Par exemple, l’amélioration de la gestion des sinistres ne passera un cap complémentaire que quand les produits seront pensés pour être gérés rapidement et simplement.

Plateformes

Je parle souvent ici de décomposition de la chaine de valeur avec la mise en place d’experts à tous les niveaux, à savoir, des porteurs de risques, des distributeurs et des gestionnaires, pour la partie purement assurantielle, mais aussi des prestataires de services en écosystèmes qu’il s’agira de mobiliser intelligemment. L’avènement des plateformes visera donc à s’orienter vers ce type d’organisation où chacun devra trouver sa place !

API

Conséquence directe du point précédent, si un même contrat doit concerner de multiples interlocuteurs, la notion d’interface entre ceux-ci est essentielle. La maturité sur ces questions a grandement progressé dans les dernières années. De simples flux EDI (comme ceux qui sont encore utilisés pour le tiers payant par exemple), on est passés à des webservices évolués mais parfois compliqués à mettre en place. Puis, on en vient désormais à exposer de vrais services complets, par le biais de webservices ou d’API pour accéder aux données sans nécessairement changer les architectures techniques de manière structurante.

Assurance « cyber »

Les besoins sur ce segment sont en train d’exploser, et il s’agira d’apporter une réponse intelligente qui éviter l’écueil du risque systémique! Pour ma part, ici plus qu’ailleurs, cela signifie aider à prévenir et réduire les risques en amont pour éviter les attaques les plus fréquentes. Côté technologie, le maillon faible est toujours d’abord et avant tout l’humain, il s’agit d’intégrer cela dans la réflexion! Au fait, comment vous gérez vos mots de passe?

Une expérience utilisateur au cœur de toutes les démarches

Les dernières années ont été majoritairement consacrées (sauf pour les plus en avance) à des travaux autour de l’efficience des processus, et comment faire aussi bien pour moins cher ! Il s’agit désormais de s’intéresser à faire mieux pour le même prix, voire mieux pour moins cher. Mieux signifie ici mieux du point de vue du client, car l’essentiel est de lui simplifier la vie, supprimer les irritants. C’est donc bien la demande client qui doit être au centre des futures optimisations.

Il va sans dire que Siltéa et moi-mêmes sommes en mesure de vous accompagner sur ces 6 prédictions pour 2018! N’hésitez pas à me contacter.

Et vous? Qu’en pensez-vous? En avez-vous d’autres?

Insurance innovators – Le futur de l’assurance 2017

futur de l'assurance 2017

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Insurance Innovators (une émanation de Market Force, dont j’avais déjà fait l’écho ici d’un de leurs rapport sous le même titre) vient de publier le futur de l’assurance 2017 (Future of General Insurance Report 2017).

7 thèmes sont abordés (pour plus de lisibilité j’ai séparé en plusieurs pages):

  • Innovation et disruption
  • Un environnement réglementaire en pleine évolution
  • Le futur de la souscription et de la tarification
  • Les services à valeur ajoutée
  • Toucher la génération Millenial
  • L’assurance à l’ère de l’intelligence des Machines
  • La fraude dans un monde connecté.

Rédigé en partenariat avec le Chartered Insurance Institute, et sponsorisé par IBM, Sas et Smart Communications, ce rapport se veut générique, mais de qualité. Market Force considère que les assureurs sont prêts à innover et se transformer pour garder le rythme avec les assurtechs, mais que le rythme de la transformation est encore trop lent. Un conseil: Agir, et dès maintenant! Continuer la lecture de « Insurance innovators – Le futur de l’assurance 2017 »

BAIN – Fidélisation de l’assuré par les écosystèmes

fidélisation de l'assuré par les écosystèmes

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Le cabinet de conseil en stratégie Bain a publié en septembre son rapport annuel sur les consommateurs de produits d’assurance grand public (Auto, MRH, Santé et Vie). L’étude porte sur l’analyse internationale (20 pays) de 172000 clients, leur pratique, leurs comportements et s’intéresse en particulier à la fidélisation de l’assuré par les écosystèmes.

Plus précisément, l’objectif de Bain est d’analyser plus en détail ce dernier point. En effet, le postulat de départ est simple :

  • les clients changent en moyenne de contrat d’assurance tous les 3 à 6 ans
  • plus de moitié des assurés n’ont eu aucun contact, quel qu’il soit avec leur assureur dans les 12 derniers mois.

Ainsi, comment est-il possible d’exploiter le levier de la fidélité pour attirer ou retenir de nouveaux assurés. Continuer la lecture de « BAIN – Fidélisation de l’assuré par les écosystèmes »

Lemonade ou la décomposition de la chaine de valeur

décomposition de la chaine de valeur

L’assureur états-unien Lemonade, dont je parle régulièrement et dont je suis les travaux avec attention, vient d’ouvrir des accès via des api à ses services. Le très bon blog C’est pas mon idée a notamment relayé l’information il y a quelques jours, mais il me semble qu’un point n’a pas été suffisamment mis en avant: la décomposition de la chaine de valeur.

Rappel sur la proposition de Lemonade

Généralités

Lemonade a décidé d’ouvrir des « API » (Application Programming Interface) vers son système. En clair, l’idée est de permettre à des tiers de s’interfacer directement avec leur outil de souscription ou de gestion avec une simplicité extrême.

L’objectif est donc de permettre à tout développeur ou toute personne qui propose un service ou la vente d’un bien pouvant être concerné par une assurance d’en bénéficier directement dans les applications ou sites web natifs. Ainsi, il est possible de s’épargner des échanges parfois longs ou compliqués entre un intermédiaire et l’assureur. Finies les négociations et demandes d’informations complémentaires.

2 solutions d’intégration

Lemonade met à disposition 2 solutions:

  • Une intégration simple en une ligne de code du bot Lemonade qui collecte les informations nécessaires à la tarification.

  • Une intégration plus complète, sans couture visible, dans le processus cible.

 

Dans les 2 cas, c’est bien un accès direct aux produits que propose Lemonade, et cela a des conséquences diverses.

Une décomposition de la chaine de valeur

Distributeurs vs porteur de risque

La première conséquence visible est la différenciation stricte entre les distributeurs et les porteurs de risques, ce que j’appelle la décomposition de la chaine de valeur.

En effet, cela signifie que, dans le modèle envisagé par Lemonade, ils ne se voient plus comme des distributeurs et renvoient cette fonction à des tiers. On retrouve un modèle nouveau, de spécialisation de chacune des étapes de la chaine réparties entre différents acteurs:

  • Les porteurs de risques, les assureurs,
  • Des distributeurs / souscripteurs,
  • Des gestionnaires contrats et / ou sinistres.

Cette liste n’étant évidemment pas exhaustive.

Cette nouvelle modélisation est à mon sens une nouvelle méthode de fonctionnement pour l’avenir, qui existe déjà en partie à travers les réseaux de distribution ou les délégataires de gestion. En revanche, jusqu’à maintenant, l’assureur restait maître du processus et sous traitait tout ou partie de ses activités. Désormais, dans le cas de Lemonade, l’assureur est ramené à sa portion congrue de porteur de risques. Charge à d’autres acteurs de s’assurer de la distribution, et cela soulève une autre conséquence.

L’assurance, un produit qu ne se vend plus

On assiste donc à un changement de paradigme. L’assurance n’est donc plus un produit qui se vend, que l’on distribue.

C’est au contraire un produit que l’on vient acheter, lorsque l’on en a le besoin. Cette notion de besoin est fondamentale dans un postulat de couverture d’une satisfaction client. C’est le premier pas vers la notion de « customer-centricity » (orientation client en bon français).

Cela parait anecdotique, mais c’est finalement très significatif, car les conséquences sont multiples. Entre autres:

  • Les offres doivent être adaptées pour le besoin
  • Les procédures et outils doivent être fluides
  • Le service doit être impeccable.

Si l’on cherche à extrapoler la cible, les enjeux résident donc dans la connectivité entre différents acteurs et donc l’ouverture des outils.

Nous savions déjà que Lemonade souhaitait fixer de nouveaux standards de marché, mais nous découvrons progressivement quelques unes de leurs idées!