Les assureurs ont besoin d’un loup

les assureurs ont besoin d'un loup

Une vidéo partagée il y quelques temps sur Linkedin a attiré mon attention. Après l’avoir vue, je me suis dit que les assureurs ont besoin d’un loup! Je ne suis pas un fervent adepte des softs skills et des aspects humains ou RH! Cependant, ce sont aujourd’hui des sujets incontournables qu’il convient d’interroger. Le fond (technique et organisationnel) de l’innovation ne peut aller sans la forme!

Contexte

Voici donc la vidéo en question

Pour en savoir plus sur ce phénomène, vous pouvez également cet article.

En bref, des loups ont été réintroduits dans le parc National Yellowstone aux Etats-Unis. Les conséquences ont été étonnantes: retour et développement d’espèces animales et végétales, modification de l’écosystème et de l’apparence géographique des lieux!

Pourquoi les assureurs ont besoin d’un loup?

Une morale peut être tirée de cette vidéo et de l’observation de cette situation:

  • D’une part, les actions que nous faisons n’ont pas les conséquences que l’on imagine
  • D’autre part, et c’est plus important, il faut souvent penser hors des sentiers battus et chercher de nouvelles solutions pour répondre à des difficultés récurrentes ou historiques.

Si l’on s’en tient à ce dernier point, et que l’on essaie d’extrapoler la situation à la situation d’un assureur, que peut-on en tirer comme conclusions? On voit souvent chez nos amis assureurs quelques réticences au changement. Il existe des difficultés, soit historiques, soit techniques, soit organisationnelles à une nécessaire transformation. La réglementation « protège » ces acteurs des nouveaux entrants, mais pour combien de temps encore. De plus, nous nous interrogeons souvent, nous consultants, sur les moyens à envisager pour insuffler l’innovation dans les organisations.

J’évoquais la semaine dernière les évolutions comportementales qui peuvent être, dans une certaine mesure, manipulées grâce aux nudges.

On voit donc également qu’il est possible d’exploiter des stratégies à rebond: jouer sur les effets secondaires inattendus d’une action qui, au premier abord, semble sortir de la zone de confort!

Ainsi, je préconiserais une maxime: comme le parc Yellowstone, les assureurs ont besoin d’un loup. Il s’agit donc à chacun de trouver son loup!

Quel loup ?

Quel loup peut être de nature à appuyer la transformation de l’assurance. Selon moi, il peut prendre plusieurs formes:

  • Le loup-femme: incroyable de devoir encore écrire cela au 21ème siècle, mais nommer plus de femmes aux COMEX apparaît encore comme une action hors de la zone de confort des assureurs… No comment! Le loup-femme chassera les inégalités et favorisera une émulation au sein de vos collaboratrices féminines!
  • Le loup-jeune (à ne pas confondre avec le jeune loup): Les nouvelles générations apportent une vision nouvelle des processus, des procédures ou des outils. Je ne rentre pas dans les débats de vocabulaire (Millenial, Génération Y, ou encore Z). En revanche, il semble certain que cela apporte un vent de fraîcheur qui est de nature à challenger une organisation. Reste à savoir l’écouter! Le loup-jeune chasse les traditions et favorise donc la renaissance des processus en les questionnant dans leur intégralité.
  • Le loup-senior: Avec son expérience, il peut faire monter en compétence toute une équipe ou être extrêmement complémentaire d’une équipe d’innovation interne pour apporter son expertise! Le loup-senior chasse l’approximation propre à beaucoup d’équipes créatives et innovantes en ajoutant un peu de lest à l’imagination pour tout de même savoir rester pragmatique.
  • Le loup-extérieur: Recruter en dehors du domaine de l’assurance est à première vue contre-productif. Toutefois, cela peut croiser les bonnes pratiques avec d’autres secteurs d’activité, et faciliter les questionnements. Le loup-extérieur chasse les habitudes et amène directement avec lui des nouvelles espèces.

Cette liste est évidemment extensible presque à l’infini. L’important est de diversifier les points de vue. En effet, l’innovation et la créativité sont les fruits d’une prise de recul, d’une expérience, et d’une ouverture d’esprit! Si vous le souhaitez, nous pouvons chercher votre loup ensemble!

En cette période hivernale et d’entretiens, cet état d’esprit est un terreau essentiel pour préparer naturellement le terrain pour vos semis du printemps.

Deecide – Enchères inversées d’assurance

encheres inversées d'assurance

Deecide est l’un des 3 acteurs du monde de l’insurtech belge (avec Qover et Seraphin). C’est un acteur qui mérite d’être signalé dans la relation qu’il tente d’imposer dans la distribution d’assurance en Belgique. J’ai eu l’occasion de les avoir au téléphone il y a quelques temps, j’en profite pour relayer un peu de précisions sur leur contenu.

Contexte

La société a été créée par Gilles Meignin et Antoine de Beys.

Comme beaucoup d’entrepreneurs, c’est après une expérience dans le monde de l’assurance que les 2 co-fondateurs se lancent. Ils connaissent donc très bien le métier, et le contexte belge, légèrement différent de la France. En effet, la part du courtage en Belgique y est bien plus importante, de l’ordre de 70 à 80% du volume d’affaires.

Une levée de fonds à l’été 2017 a permis de lancer le site à l’automne.

Après quelques jours de lancement et une campagne de communication télé, le site comptait déjà près de 700 personnes inscrites, ce qui était un début prometteur.

Offre / Promesse

Le site propose un système d’enchères inversées d’assurance.

  • Un assuré qui souhaite trouver un nouveau contrat se crée un compte et se connecte;
  • Il crée sa demande en détaillant le contenu de son profil et du risque à couvrir, comme sur n’importe quel deviseur ou comparateur en ligne;
  • Sa demande est publiée une dizaine de jours sur le site;
  • Dans un 1er temps, l’intermédiaire actuel déclaré de l’assuré a l’exclusivité pour ajuster la proposition de son propre assuré;
  • Si aucun accord n’est trouvé, les partenaires assureurs (maisons mères, agents, courtiers, etc) ont la possibilité de venir proposer une offre;

encheres inversees d'assurance

  • Les assureurs qui ont fait une proposition ont la possibilité de voir les réponses des autres et éventuellement de surenchérir (prix, service);
  • L’assuré peut « deecider » l’offre qui lui semble la plus pertinente pour son besoin.

Tout au long de ce processus, une messagerie interne permet à l’assuré d’échanger facilement avec les assureurs qui répondent.

Mon avis sur les enchères inversées d’assurance par Deecide

Je craignais que la solution ne soit trop proche d’un simple comparateur. En revanche, là où le comparateur ne met souvent en avant que le prix, Deecide laisse la place pour mettre en avant des services additionnels ou le contenu des offres en termes qualitatifs.

Toutefois, à mon sens, Deecide rentre dans la catégorie des améliorations ou accélérateurs que les assureurs peuvent ou pourraient déployer s’ils prenaient la peine de s’intéresser aux usages, demandes et expériences de leurs clients. N’attendons donc pas de Deecide de révolutionner la distribution d’assurance, mais bien de participer à établir un nouveau standard de marché.

Gras Savoye – Les marchés de l’assurance 2018

marchés de l'assurance 2018

Le courtier Gras Savoye, appartenant au Groupe Willis Towers Watson, a publié en septembre 2017 une note de conjoncture intéressante sur la transformation des métiers de l’assurance 2018. Ils reviennent donc, par ligne business sur les tendances en cours.

Généralités

Globalement le marché de l’assurance français est plutôt stable:

  • Le marché mondial est en léger repli
  • La France reste un marché important (5ème acteur mondial), avec un peu plus de 200Mds d’euros de primes
  • L’assurance de personnes représente 75% de ce chiffre, et voit une progression des primes prévoyance
  • L’assurance de biens est sujette à une forte concurrence, et subissent une hausse importante de la sinistralité, qui affecte les résultats techniques. C’est dû notamment aux événements climatiques.

Dans le détail des marchés de l’assurance 2018

En bref

Vue la richesse du rapport, il est compliqué de le synthétiser, et je préfère vous suggérer de vous y référer si besoin est. Je préfère donc vous présenter le plan!

marchés de l'assurance 2018 marchés de l'assurance 2018

Chaque thématique est traitée selon 5 axes:

  • Capacité / Appétit
  • Prix
  • Franchises
  • Garanties
  • Souplesse

Quelques points essentiels à retenir

  • 3 alternatives au transfert de risques sont présentées:
    • Assurance structurée: qui permet de couvrir les conséquences sur plusieurs exercices des risques nouveaux ou complexes. (terrorisme, pandémies, grêves, etc.)
    • Assurance paramétrique: ou index-based insurance, dont j’ai déjà beaucoup parlé ici
    • Approche mutli-line / Multi-year: qui permet de réduire la volatilité
  • Les polices D&O (Dirigeants) continuent d’évoluer et de s’adapter à des risques très changeants. Le sur-mesure est de mise sur ce marché rentable et dynamique (nouvelles réglementations, risques cyber, etc qui accroissent les risques pour les dirigeants).
  • L’intérêt va croissant pour les garanties combinées fraude / cyber, bien que ces montages ne permettent pas toujours d’obtenir les meilleures propositions. Note: On comprend en creux que les clients cherchent à tout prix à se couvrir contre un risque méconnu, mais perçu comme critique.
  • Les produits Kidnap & Ransom sont en plein essor, du fait d’un contexte géopolitique international parfois hasardeux.

Conclusion: Mon avis

Ce rapport est une mine d’information, très technique, mais essentiel à une bonne compréhension de la complexité des risques lourds. A déconseiller sur la table de chevet, mais impérativement sous le coude!

En creux, on y voit apparaître, comme souvent, les produits d’assurance qui pourraient demain se généraliser. Les tendances observées, notamment sur le cyber, la fraude ou les aspects réglementaires sont en ce sens de bons indicateurs du futur.

Revue de presse du 15 janvier 2018

revue de presse du 9 mars 2018

Voici un petit tour d’horizon des articles qui ont attiré mon attention et méritent d’apparaître dans la revue de presse du 15 janvier 2018!

O’Reilly offre des livres sur la data et l’intelligence artificielle

Le fameux éditeur de livres sur les domaines de l’informatique met à disposition une bibliothèque de 80 de ses publications sur le big data, l’intelligence artificielle et les data science, publiés entre 2012 et 2016. Détail essentiel: le téléchargement est gratuit, en pdf, epub ou mobi.

N’oubliez pas: quand c’est gratuit, c’est vous le produit! O’reilly demande vos nom, prénom et mail pour télécharger, mais rien ne vous oblige à saisir les vrais…

revue de presse du 15 janvier 2018

Des accidents de la route pas si accidentels

Mathieu Grossetête est chercheur au centre universitaire de recherche sur l’action publique et le politique. Il nous propose dans le Monde Diplomatique une lecture tout à fait intéressante de l’accidentologie en voiture.

Il y apparaît que les politiques de préventions de la Sécurité Routière atteignent peut-être désormais leurs limites car elles sont mal ciblées! Ou quand l’art de l’analyse des données devient essentiel pour mieux maîtriser un phénomène, et le traiter correctement!

Article passionnant à lire, qui nous fait repenser la notion d’analyse des risques, la perception des événements. Enfin, cela nous invite tout simplement à changer de manière de penser.

revue de presse du 15 janvier 2018

Typologies de wearables

Evan Kirstel, l’un des leader d’opinion de la santé connectée nous propose un panorama des typologies d’objets connectés pour la santé. Celui-ci va un peu plus loin que l’habituel dichotomie montre et bracelet vs balance!

revue de presse du 15 janvier 2018

Deloitte: collaboration humain – machines

Un visuel d’une étude Deloitte, trouvé sur Twitter, donne une lecture intéressante de la relation symbiotique qui peut se développer entre humains et machines. Tout cela grâce au service du service rendu!

revue de presse du 15 janvier 2018

Axa et la télémédecine

Jacques de Peretti, CeO d’Axa en France a annoncé cette semaine le lancement de la télémédecine dans les entreprises et l’ouverture du service à des experts.

Le second service est l’extension du service actuel (que j’ai eu l’occasion de tester à titre personnel et qui est très bien). En revanche, le premier suppose des investissements majeurs et questionne autour du modèle choisi par Axa.

La question du danger, posé par Olivier Harmant, n’est à mon sens pas pertinente.

revue de presse du 15 janvier 2018

Cependant, quel est le retour sur investissement de ce modèle pour un assureur complémentaire? En effet, une téléconsultation à la charge de la complémentaire suppose une prise en charge de coûts supérieure à la part habituelle. Afin d’être intéressant financièrement, un tel service nécessite d’être soit moins cher que la consultation normale, soit de réduire les risques. Pour l’instant, la téléconsultation est vecteur d’image de marque et porteur d’une ligne de démarcation vis à vis de la concurrence. Toutefois, quand tout le monde le fera, il faudra envisager le business model qui va avec!

Enfin, cela ne devrait-il pas être le rôle d’une plateforme intermédiaire? Celle-ci mettrait à disposition ce service et chercherait l’assureur qui y répond. Au contraire ici, c’est porté directement par une assurance complémentaire? En creux, qu’est ce que cela dit de notre assurance santé publique? Un grand nombre de questions, peu de réponses pour l’instant!

Panorama Insurtech – 12 janvier 2018

Panorama insurtechs

Je reprends la mise à jour de mon panorama des insurtechs avec 6 ajouts le 12 janvier 2018. Vous trouverez la mise à jour ici. Ce sont désormais 108 startups qui sont documentées, provenant de 17 pays.

Au menu d’aujourd’hui:

  • Detralytics: Identification d’opportunités de prévention, cross-selling ou up-selling avec l’analyse de données.
  • Inspeer: Assurance collaborative pour les groupes affinitaires
  • WeCover: Assurance auto collaborative
  • Policy Pal: Assurance 100% mobile
  • Fatberry: Proposition d’assurance via un chatbot
  • Claim Di: Déclaration et règlement de sinistres en « secouant » son téléphone à proximité du tiers concerné

Contactez-moi si vous n’apparaissez pas encore!

Assurance, innovation et évolution comportementale

English version here


Une conjonction d’éléments m’ont amené à réfléchir ces derniers temps sur le lien entre assurance, innovation et évolution comportementale ! Il est l’occasion de vous donner mon point de vue sur la question.

On considère souvent que l’assurance est réactive. En effet, elle réagit à des événements appelés sinistres pour indemniser la perte résiduelle.

Des campagnes, parfois célèbres (je pense à la prévention routiere), ont vocation à transformer les comportements en amont pour réduire les sinistres en aval. Pour l’assureur, c’est un investissement initial qui trouve son ROI dans la réduction des indemnisations. On est ici dans un modèle ou l’assureur est préventeur et non plus seulement indemnisateur.

Toutefois, beaucoup de débats ont lieu ces dernières années pour donner à l’assureur un rôle sociétal plus proactif en amont pour réduire les risques et donc changer les comportements. La télématique embarquée (avec les offres de Pay-How-You-Drive par exemple) à souvent été vue comme un moyen incitatif aux bonnes pratiques: si tu conduis mieux, je te fais payer moins cher. Idem pour les bracelets connectés de sante: si tu fais du sport, tu auras une réduction.

Toutefois, on constate que ces démarches ne fonctionnent pas toujours ou qu’elles ne sont pas efficaces. Cependant, ne dit-on pas « chassez le naturel il reviendra au galop »? L’enjeu est donc double:

  • Trouver de nouvelles solutions pour influencer les comportements.
  • Ajuster les offres pour mieux coller aux comportements individuels plutôt que vouloir standardiser les réponses.

Les nudges au service du changement comportemental

Contexte

Il ne vous aura sans doute pas échappé que le dernier prix Nobel d’économie (2017) à été attribué aux recherches sur L’économie dite comportementale. Pour en savoir plus, lisez ici. On appelle aussi cela la manipulation bienveillante.

assurance innovation et evolution comportementale
Page de garde du livre Guide de l’économie comportementale, téléchargeable gratuitement ici. Merci au passage à Yuri qui m’a offert le livre papier.

Je ne chercherai pas ici à détailler intégralement les possibilités offertes pour l’assurance, car cela mérite d’y réfléchir sérieusement. En attendant, je vous invite à lire le très bon article d’un de mes concurrents sur la question. Voici l’exemple cité:

Pour certaines assurances automobiles américaines, la déclaration du kilométrage réalisé dans l’année (n) conditionne la prime de l’année suivante (n+1). Le taux moyen de sous déclaration est estimé à 15% par rapport au Km réellement fait. Un Nudge a été testé pour tenter d’améliorer les déclarations. Au lieu de signer la déclaration sur l’honneur à la fin du document, les chercheurs l’ont mise sur l’entête du document, soit avant la déclaration. Ce simple changement entraîne une augmentation de 10% du nombre de Km déclarés, soit un gain pour l’assureur de 48$ par assurés. La simple réorganisation de la structure du document, de l’architecture de choix, permet de modifier le comportement de l’assuré et donc d’augmenter les revenus.

Quelques exemples de nudges pour l’assurance

Voici quelques exemples de nudges qui sont ou pourraient être pertinents pour l’assurance en fonction des objectifs:

  • Réduire les risques: L’incitation à mieux conduire.
    • La solution mise en œuvre par Liberty Mutual et relayée ici consiste en un mélange de gamification et d’information aux conducteurs. Grâce à la télématique embarquée, la solution permet à chacun de consulter ses informations de conduite et d’envisager comment mieux conduire et donc comment réduire sa prime, le taux de réduction s’actualisant en direct tous les jours pendant 3 mois avant d’être figé.
    • En poussant l’exercice en dehors du périmètre pur d’intervention de l’assureur, nous pouvons noter que le fait de tracer, sur la route, des bandes blanches de plus courtes donne l’impression d’aller plus vite et incite à ralentir sans même s’en rendre compte.
  • L’incitation à la souscription:
    • Une étude relayée dans l’ouvrage ci-dessus (London Economics et YouGov en 2013 pour la FCA) a montré l’impact de la présentation de l’offre d’assurance en parallèle d’un autre produit. C’est le cas par exemple lors de l’achat de l’assurance lors de l’achat du mobile ou de l’assurance annulation de séjour.

assurance innovation et evolution comportementale

Au delà de l’aspect éthique discutable, cela montre bien l’influence de la stratégie de distribution sur les choix des assurés.

  • Le choix des priorités: Last-mile problems (lire pour cela cet article et celui-là)
    • La décomposition des populations peut se faire en fonction d’une probabilité de souscription. En identifiant 3 segments (effort faible, moyen et fort) grâce à l’intelligence artificielle, on peut alors déterminer qui a la probabilité la plus forte de parcourir le dernier « mile » jusqu’à la souscription. Ces populations pour lesquels l’effort est faible se verront traité différemment pour recevoir, le moment venu, un petit coup de pouce! Cela peut prendre la forme d’un texto, d’un petit message sur l’écran ou d’un mail de bienvenue lors donnant le petit plus qui suffira à les convaincre.

Je reviendrai ultérieurement sur ces questions avec d’autres cas d’usage détaillés pour imaginer plus précisément comment utiliser ces méthodes.

Ajuster les offres

La plupart des offres actuelles sont très standardisées. Elle tiennent compte d’un besoin considéré comme identique pour tous les assurés. A l’heure de l’individualisation, pourquoi ne pourrait-on pas envisager d’adapter la couverture plus finement en fonction des risques véritables des assurés. J’entends déjà les réactions: « C’est le propre de notre métier », « Nous le faisons déjà », les contrats proposent des options et des choix de niveaux pour s’assurer en fonction de son besoin ». Très bien, mais en vrai, peut-on réfléchir autrement?

Le discours de Wilov est très intéressant sur ce point. La plupart des assurés auto conduisent moins de 50jours par an. Pourtant ils sont couverts à temps plein. En inventant le « Pay-When-You-Drive », leur postulat de départ est de ne faire payer les conducteurs que lorsqu’ils conduisent! Le prix n’est pas nécessairement beaucoup plus faible, en revanche, le ressenti de l’assuré est bien meilleur (sous réserve que l’expérience utilisateur soit au rdv bien sur!).

La démarche d’Inspeer va dans un sens similaire. Partant du postulat que changer le comportement est compliqué, Emmanuelle Mury et son équipe travaillent sur la notion de groupes affinitaires qui vont autour de l’usage. En clair, ils identifient des comportements similaires, et créent l’offre qui correspond. J’y reviendrai également dans un article dédié!

En bref, la notion d’offre est encore trop vue aujourd’hui comme unique, identique pour tous. En effet, les systèmes informatiques ne permettaient pas de déployer facilement et rapidement des variantes et la personnalisation, ou l’illusion de la personnalisation se faisait au niveau du marketing. Il est temps de passer à un niveau supérieur!

 

Et vous, qu’en pensez-vous? Quand commençons-nous à remettre vos offres à plat?

VEILLE – Ce que vous avez peut-être manqué en 2017

revue de presse du 9 mars 2018

Ce que vous avez peut-être manqué, comme moi en 2017!

Si comme moi, vous suivez entre 50 et 70 sources d’informations (flux rss) au quotidien, sans compter les publications Linkedin et Twitter, il arrive parfois de ne plus savoir où donner de la tête.

Plus précisément, il arrive souvent de voir un article qui nous semblerait intéressant et de le garder pour plus tard. Or, ce plus tard ne vient que rarement et on se retrouve avec une petite pile d’articles à lire !

Pour ma part, ce blog a résolu la question sur la publication de rapports, qui restaient sur mon bureau en attente d’on ne sait quoi. Pour les articles, ce n’est pas tout à fait ça encore, et je me retrouve en cette fin 2017, avec une bonne cinquantaine d’articles sous le coude. En voici donc quelques-uns, que vous aurez peut-être manqué vous aussi !

La Tribune – Assurtech : une industrie disruptée, au bénéfice du client ?

Lien : https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/assurtech-une-industrie-disruptee-au-benefice-du-client-717687.html

Daniel Haguet, professeur de finance à l’EDHEC, que j’ai eu l’honneur d’avoir en cours il y a quelques (hum) années, revient sur le phénomène :

  • 75% des assureurs considèrent que leur industrie pourrait être disruptée
  • Le big data, en agrégeant des données, même hors de l’assurance, permet une personnalisation des offres
  • La distribution se développe en ligne, grâce à l’essor d’internet
  • Pour de nombreux acteurs, l’enjeu est dans la prise de participation dans ces structures, pour mettre à profit à la fois les avancées technologiques et les portefeuilles « captifs » de clients.

Note: Pour une sélection d’articles sur les stratégies des assureurs avec les insurtechs, c’est par ici!

Structuration des technologies et des forces en présence

Vu sur Twitter, mais malheureusement sans en noter la source, je le partage, car bien qu’incomplet sans légende, il me semble plus large dans son acception des technologies que beaucoup de rapports et panoramas actuels, y compris le mien !

ce que vous avez peut-être manqué

En voici un autre, qui donne un petit aperçu des enjeux à venir.

ce que vous avez peut-être manqué

Medium – Insurance prolicy as as smart contract

Lien: https://medium.com/aigang-network/insurance-policy-as-a-smart-contract-fully-automated-process-too-good-to-be-true-39c613c18d8d

Aigang Network fait un récapitulatif sur ce que seront demain les contrats d’assurance, grâce aux smart contracts. Mieux encore, plutôt qu’un long discours, ils en ont fait une démo, écrit le code autour d’une blockchain Ethereum (accessible sur github) et une appli pour le tester, ainsi qu’une vidéo, que voici:

Note: Pour une sélection d’articles sur la blockchain, c’est par ici!

Risk management – Investing in the insurtech toolbox

Lien: http://www.rmmagazine.com/2017/06/01/investing-in-the-insurtech-toolbox/

Un petit inventaire de solutions insurtechs qui répondent aux problématiques de risk management:

  • Understory weather
  • Safety culture
  • Security Scorecard
  • Risk IQ
  • CapeAnalytics
  • Cyence
  • Human Condition Safety
  • DAQRI Smart Helmet

Note: Pour retrouver mon panorama d’insurtechs, c’est par ici!

Blog Intercom – Machine learning is way easier than it looks

Lien: https://blog.intercom.com/machine-learning-way-easier-than-it-looks/?utm_content=buffer25695&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer

Une fois n’est pas coutume, un article un peu technique, mais qui donne un exemple précis de ce que l’on peut faire avec du machine learning en 40 lignes de code. Franchement, c’est cadeau!

Note: Pour une sélection d’articles sur les intelligences artificielles, c’est par ici!

La revue du digital – Objets connectés de santé, la Sécurité sociale n’en perçoit pas la valeur ajoutée

Lien: http://www.larevuedudigital.com/objets-connectes-de-sante-la-securite-sociale-nen-percoit-pas-la-valeur-ajoutee/

Le titre est volontairement provocateur et surement un peu éloigné de la réalité, lorsque l’on connaît les réflexions en cours! Toutefois Laure Beyala, ingénieure en biomédical à Bichat, qui a publié un livre sur les objets connectés de santé, propose une vision intéressante de la question. Elle revient notamment sur des concepts clés: Rôle de la sécurité sociale, des assureurs, DMP, freins au développement, etc.

Note: Pour une sélection d’articles sur les objets connectés, c’est par ici!

P&C360 – Telematics in auto claims is inevitable

Lien: http://www.propertycasualty360.com/2016/08/18/telematics-in-auto-claims-is-inevitable?slreturn=1515504588

Cet article est totalement en phase avec mon opinion sur la télématique embarquée (voir mes prédictions pour 2018 ou encore ma note de conjoncture à ce sujet). Il revient sur ce qui peut être fait avec, et pourquoi l’usage de cette technologie pour les sinistres est inévitable!

Note: Pour une sélection d’articles sur la télématique, c’est par ici!

Insurance Thought leadership – Why  customer experience is key?

Lien: http://insurancethoughtleadership.com/why-customer-experience-is-key/

Cet article revient sur un concept que je considère essentiel! Les données, les processus, les technologies doivent être orientées autour du client et de ses besoins. C’est d’autant plus vrai à mesure que les objets connectés et leur milliards de données vont être de plus en plus accessibles dans les années à venir.

Note: Pour une sélection d’articles sur l’expérience utilisateur, c’est par ici!

Design thinking

Un visuel que j’aime bien sur le design thinking et la stratégie d’idéation que j’intègre de plus en plus dans mes réflexions car totalement liés à la notion d’innovation. Le fond ne pourrait se passer de la forme…

ce que vous avez peut-être manqué

 

RAPPORT KleinBlue – Benchmark Les assureurs face aux insurtechs

Benchmark Les assureurs face aux insurtechs

Le cabinet Klein Blue a publié 2 rapports assez remarqués sur le marché sur le sujet des insurtechs. Le premier, Panorama insurtech France a été publié en juin 2017. Le second, « Benchmark Les assureurs face aux insurtechs et acteurs innovants« , a été publié en décembre 2017. Ils viennent confirmer la volonté de positionnement du cabinet (et son associé Salim Echoukry) comme un accompagnateur de qualité pour des assureurs qui se posent des questions quant à leur stratégie d’innovation sur le marché. Je commence l’année par ne pas prendre de retard et traite donc ici du dernier publié ! Continuer la lecture de « RAPPORT KleinBlue – Benchmark Les assureurs face aux insurtechs »

Innovation Assurance – Mes 6 prédictions pour 2018

6 prédictions pour 2018

Comme il est fréquent en ce début d’année, je vais moi aussi tomber dans le jeu des prédictions pour l’année à venir. Avec mes 6 prédictions pour 2018, voici donc les 6 sujets qui, selon moi, feront 2018 sur l’innovation dans l’assurance :

Objets connectés

Je pense que le moment est bon pour lancer des offres complètes autour de la télématique embarquée dans les voitures, les smart homes ou les wearables. Quand je pense à offres complète, cela ne signifie pas uniquement capture de données des utilisateurs. C’est aussi, surtout et avant tout, fournir des services à ces assurés ou exploiter ces outils pour mettre en place de nouvelles politiques de prévention.

Refonte des offres

C’est peut-être le corollaire du point précédent, mais un peu plus large, une refonte des offres. Il est temps de réfléchir l’offre de produits d’assurance comme l’élément structurant de la chaine de valeur de l’assurance, depuis la prévention, jusqu’au sinistre, et passant par l’ajout de service. Par exemple, l’amélioration de la gestion des sinistres ne passera un cap complémentaire que quand les produits seront pensés pour être gérés rapidement et simplement.

Plateformes

Je parle souvent ici de décomposition de la chaine de valeur avec la mise en place d’experts à tous les niveaux, à savoir, des porteurs de risques, des distributeurs et des gestionnaires, pour la partie purement assurantielle, mais aussi des prestataires de services en écosystèmes qu’il s’agira de mobiliser intelligemment. L’avènement des plateformes visera donc à s’orienter vers ce type d’organisation où chacun devra trouver sa place !

API

Conséquence directe du point précédent, si un même contrat doit concerner de multiples interlocuteurs, la notion d’interface entre ceux-ci est essentielle. La maturité sur ces questions a grandement progressé dans les dernières années. De simples flux EDI (comme ceux qui sont encore utilisés pour le tiers payant par exemple), on est passés à des webservices évolués mais parfois compliqués à mettre en place. Puis, on en vient désormais à exposer de vrais services complets, par le biais de webservices ou d’API pour accéder aux données sans nécessairement changer les architectures techniques de manière structurante.

Assurance « cyber »

Les besoins sur ce segment sont en train d’exploser, et il s’agira d’apporter une réponse intelligente qui éviter l’écueil du risque systémique! Pour ma part, ici plus qu’ailleurs, cela signifie aider à prévenir et réduire les risques en amont pour éviter les attaques les plus fréquentes. Côté technologie, le maillon faible est toujours d’abord et avant tout l’humain, il s’agit d’intégrer cela dans la réflexion! Au fait, comment vous gérez vos mots de passe?

Une expérience utilisateur au cœur de toutes les démarches

Les dernières années ont été majoritairement consacrées (sauf pour les plus en avance) à des travaux autour de l’efficience des processus, et comment faire aussi bien pour moins cher ! Il s’agit désormais de s’intéresser à faire mieux pour le même prix, voire mieux pour moins cher. Mieux signifie ici mieux du point de vue du client, car l’essentiel est de lui simplifier la vie, supprimer les irritants. C’est donc bien la demande client qui doit être au centre des futures optimisations.

Il va sans dire que Siltéa et moi-mêmes sommes en mesure de vous accompagner sur ces 6 prédictions pour 2018! N’hésitez pas à me contacter.

Et vous? Qu’en pensez-vous? En avez-vous d’autres?

Bilan, perspectives et appel à candidature !

Avant toute chose, j’en profite pour vous souhaiter à tous une excellente année 2018 !

Lorsque j’ai lancé ce blog en mai 2017, j’ignorais quel effort il me demanderait ni quel intérêt il susciterait !

La période des fêtes était donc pour moi l’occasion de faire un break, un bilan sur le travail réalisé, et sur la suite à donner.

Après un peu plus de 8 mois, j’ai la même réponse pour les 2 questions : effort important, mais intérêt important (du moins, c’est ce que m’indiquent les statistiques de fréquentation !).

Au travers d’une centaine d’articles, les rencontres numériques ont été nombreuses, certaines ont été transformées en prises de contact passionnantes, dans la vraie vie ou par téléphone pour les plus lointaines (Londres, Houston, et même la Silicon Valley).

En bref, mon MVP a bien marché, il est temps de le structurer !

Perspectives

Si je tiens mon ambition, je souhaiterais structurer mes travaux sur les sujets suivants :

  • Un relais plus régulier de la veille importante que je fais, probablement sous la forme d’un article de synthèse hebdomadaire unique, car l’activité de la presse est très forte en France et surtout à l’international. Je relaierai également plus de podcasts, car certains sont très bons (Je pense à 11fs ou à Spot on Insurance).
  • Poursuivre la lecture / synthèse /traduction de rapports du marché
  • Proposer des articles / interviews / avis plus complets sur des solutions et insurtechs du marché. J’ai rencontré beaucoup d’acteurs, il serait dommage qu’ils ne trouvent pas ici une place plus importante !
  • Donner mon avis : je fais déjà évidemment dans mes relais une sorte de choix éditorial, mais j’ai constaté ces derniers mois que les articles qui ont été le plus lus sont ceux où je me suis engagé plus personnellement, en critique positive ou négative. J’ai un avis et des convictions sur ce secteur, je vais désormais plus le mettre en avant.
  • Poursuivre l’effort sur le panorama des insurtechs : Il y a aujourd’hui une centaine de start-ups référencées, et au moins autant sont sur la liste d’attente (ce qui ne sert à rien !), je vais corriger cela.

Je maintiens toujours mon exigence d’indépendance.

5 thèmes, 5 jours dans la semaine, ça sent une certaine régularité à mettre en place avec 1 jour, 1 thème, 1 article. Ambitieux ? Oui ! Tenable ? Hum, disons que oui !

Appel à rédacteurs !

Comme il reste 2 jours dans la semaine, je propose d’ouvrir ce blog à toute proposition d’article. Alors, si vous êtes startuper.euse, consultant.e (indépendant.e ou en poste), courtier.ère, agent.e, distributeur.trice, assureur.euse, salariée, directrice ou directeur, ingénieur.e, ingénieux.se, technicien.ne, étudiant.e ou même client.e, si vous êtes en France ou à l’étranger, et que vous avez quelque chose à dire sur la transformation du marché de l’assurance, contactez moi ! Note : Je n’ai pas de budget pour rémunérer ce type d’activité, mais vous signez évidemment sous forme propre nom.

Startuper.euse, une proposition différente !

Cher amis, ex-collègues, connaissance du monde de l’innovation dans l’assurance, vous avez évidemment des choses à dire, mais pour ceux qui le souhaitent, je vous propose une autre forme. Contactez-moi pour qu’on en parle !

Offres de services

Mon métier c’est d’être consultant ! Je me suis efforcé jusqu’ici de ne pas mettre en avant mes services, tout simplement car je n’avais pas structuré ma réflexion sur le sujet. Cela commence à être le cas, et vous verrez apparaître ces prochaines semaines mes propositions d’intervention, car je pense pouvoir vous accompagner dans vos choix et vos démarches d’innovation.

Enfin, la connaissance ne peut avoir de prix, ce blog restera donc bien sûr gratuit pour l’instant. En revanche, il a un coût, qui est mon travail, aussi, si vous l’appréciez, je vous invite à le partager sur les réseaux sociaux ou à penser à me contacter pour votre prochaine mission 😉 !

A très bientôt

Joël