Otoconnect – L’intermédiaire des données du véhicule

otoconnect

Lorsque l’on s’intéresse aux objets connectés des véhicules, ou plus techniquement ce que l’on appelle la télématique, une problématique majeure apparait: l’exploitation des données! La startup Otoconnect s’intéresse à ce segment et travaille sur la mise à disposition de multiples connecteurs, autour d’une première cible, la portabilité des contrats dans le cadre du règlement RGPD. Continuer la lecture de « Otoconnect – L’intermédiaire des données du véhicule »

IRDES – Les ACO américains : des enseignements pour la France?

ACO américains

L’IRDES (Institut de Recherche et Documentation en Economie de la Santé) est un gip qui effectue de la recherche indépendante et produit des publications scientifiques. Ils s’adressent aux chercheurs et aux acteurs publics et privés des domaines de la santé et de la protection sociale. Il ont publié en avril 2017 un rapport d’analyse sur les ACO américains (Accountable Care Organization). Ce rapport s’intitule: L’expérience américaine des ACO: des enseignements pour la France?

Rappel d’organisation des ACO américains

Les ACO américains, mis en place dans la foulée de l’Obamacare en 2010 sont un ensemble d’environ 800 organismes intermédiaires, sous contrats publics ou privés et qui coordonnent des offreurs de soins. Ces Accountable Care Organization sont associés pour garantir la performance des traitements appliqués à leur patientèle de « tutelle ». Environ 15% des américains sont couverts par ce type de structure, soit 28millions de personnes.

Si l’assurance santé aux Etats-Unis diffère de la France quant aux types d’acteurs, les modalités d’accès aux soins sont globalement similaires. L’essentiel des soins ambulatoires est géré par des libéraux. Pour tout le reste, un tiraillement existe entre une notion de réseaux de soins d’un côté (Managed Care Organizations – MCO) et une volonté globale de favoriser la concurrence. Dans les deux cas, l’objectif recherché est une réduction des coûts.

Les ACO américains vont plus loin que la notion de MCO en intégrant une notion de qualité des soins au-delà du simple coût de ceux-ci. Tous les assureurs peuvent signer des contrats de ce type dans un but de se doter d’une gouvernance pour atteindre des objectifs de qualité et financiers communs. Il faut au minimum 5000 patients couverts, intégrer différents secteurs de soins ou bien encore prévoir différentes modalités de rémunérations. Côté prestataires de soins, il est tout à fait possible, tout en ayant signé un accord avec un ACO, de continuer à recevoir d’autres patients. La relation n’est pas exclusive. Si l’on rapproche cela du fonctionnement français, cela correspondrait à un réseau de soins, qui, en plus de négocier des tarifs, serait également co-responsable de la qualité de la prestation servie et de son efficacité.

La France, qui s’affiche comme pays de référence sur la qualité des soins, a-t-elle quelque chose à apprendre ou à s’approprier de ce modèle?

3 axes d’analyse

Les modalités de rémunération

Le principe de rémunération est essentiel dans le modèle, car c’est l’incitation majeure qui détermine le fonctionnement des ACO.

Plusieurs concepts complémentaires font partie du modèle:

  • La rémunération des actes: la première brique
  • La rémunération de la qualité: sur la base de scores ou de bonus / malus
  • Le partage des risques: par un système proche de la participation aux bénéfices

Puis, pour chacune de ces composantes, les modalités peuvent varier entre les différents acteurs. Par exemple, pour la rémunération des actes, 3 exemples sont cités: rémunération principale à l’acte, comme en France (la TAA), la capitation (tarification par « tête »), ou encore le principe d’un budget global réparti selon une clé de répartition à définir.

Au global, un certain nombre d’indicateurs sont utilisés et tiennent compte, la plupart du temps:

  • d’indicateurs de structure pour 10% du global,
  • de processus pour 70%
  • de résultats pour 20%.

Note: si un ACO peut techniquement travailler avec plusieurs assureurs, les modalités pratiques de facturation différentes dans tous les cas rendent cet exercice compliqué.

Quelles améliorations espérer?

Malgré un faible recul, 2 axes ont pu être observés et étudiés:

  • L’apport des ACO américains en termes de réduction de dépenses. Celle-ci est faible, mais réelle entre un système traditionnel, et un passage via ACO, sur 2 populations comparables. L’ordre de grandeur constaté est de 0,7% des dépenses. Note: Cela représente 67$ par américain, ce qui donne un coût annuel d’environ 10000$. Est-il raisonnable d’envisager les mêmes résultats en France?
  • Les gains de qualité: l’amélioration est variable. Pour le suivi des maladies chroniques, l’amélioration est significative, alors que pour les soins courants ou la prévention/dépistage, ce n’est pas le cas. Note: Instinctivement, on perçoit que les gains sont les plus importants lorsque l’on traite de volumes coûteux.

Quels leviers exploiter?

Plusieurs éléments ont été envisagés pour améliorer le fonctionnement, la coordination ou la qualité. Par exemple, cela concerne la sélection des membres ou des incitations. Cependant, plusieurs pistes sont formulées de manière plus poussées:

  • Des SI chaînés qui traitent l’intégralité du processus métier: ce point est déjà plutôt efficace en France, mais pas nécessairement aux Etats Unis.
  • L’identification proactive des patients ayant des besoins de dépenses importants. Je vous invite à relire à ce sujet cet article.
  • Le développement des care managers, (en France le case management), pour organiser et coordonner l’approche globale.
  • Des programmes de transition hopital ville
  • Des dépenses d’investissement dans le fonctionnement des structures avec éventuellement plus de salariat: On voit apparaître ce point en France, avec le même type de questionnement dans les déserts médicaux par exemple.

Mon avis sur les ACO américains

Il est évident qu’il y a un manque de recul pour effectuer un véritable retour d’expérience. Toutefois, on sent poindre ici un modèle d’organisation qui pourrait s’intégrer intelligemment dans la structure des frais de santé en France. Cela donnerait aux assureurs un rôle encore plus actif par rapport à cette activité en organisant des incitations. Nous sommes encore malheureusement un peu frileux dès que l’on touche ce sujet en France, mais les mentalités évoluent.

Sur la forme, il est regrettable que le document ne puisse être reproduit car le travail d’étude réalisé mériterait d’être plus partagé!

Insurance innovators – Le futur de l’assurance 2017

futur de l'assurance 2017

English version here.


Insurance Innovators (une émanation de Market Force, dont j’avais déjà fait l’écho ici d’un de leurs rapport sous le même titre) vient de publier le futur de l’assurance 2017 (Future of General Insurance Report 2017).

7 thèmes sont abordés (pour plus de lisibilité j’ai séparé en plusieurs pages):

  • Innovation et disruption
  • Un environnement réglementaire en pleine évolution
  • Le futur de la souscription et de la tarification
  • Les services à valeur ajoutée
  • Toucher la génération Millenial
  • L’assurance à l’ère de l’intelligence des Machines
  • La fraude dans un monde connecté.

Rédigé en partenariat avec le Chartered Insurance Institute, et sponsorisé par IBM, Sas et Smart Communications, ce rapport se veut générique, mais de qualité. Market Force considère que les assureurs sont prêts à innover et se transformer pour garder le rythme avec les assurtechs, mais que le rythme de la transformation est encore trop lent. Un conseil: Agir, et dès maintenant! Continuer la lecture de « Insurance innovators – Le futur de l’assurance 2017 »

Vers une refonte des produits d’assurance?

refonte des produits

English version here.


Un exemple donné par Alexandre Lebrun de Facebook lors de l’événement Insurection a fait resurgir un sujet que je souhaitais aborder ici. Il s’agit de la nécessité pour les assureurs de lancer une réflexion de refonte des produits d’assurance.

Exemple

L’exemple cité est le suivant :

  • Alexandre Lebrun a consulté les plans des brevets pour les premières machines à laver.
  • Il s’agissait alors de proposer un outillage technique qui permettait de reproduire par la machine l’action manuelle effectuée au lavoir
  • Ce n’est que par la suite que les constructeurs ont modifié les plans pour adapter le processus de lavage à ce que la technologie pouvait effectuer de plus efficient (le tambour qui tourne que l’on connaît actuellement.

Continuer la lecture de « Vers une refonte des produits d’assurance? »

Insurection by Groupe April: Compte Rendu

insurection by groupe april

English version here.


Le lundi 6 novembre 2017, le Groupe April a organisé l’événement Insurection, voulu comme le plus grand événement français dédié aux insurtechs. 300 personnes étaient présentes, et, dans le cadre de nos activités autour de l’innovation dans l’assurance, j’étais présent pour représenter Siltéa.

Retour sur cette journée, avec les éléments clés à retenir: les tables rondes et les startups présentes. Continuer la lecture de « Insurection by Groupe April: Compte Rendu »