Cap Gemini – World insurance report 2017

English version here.


Cap Gemini a publié mi-septembre, en partenariat avec Efma, son rapport annuel sur l’assurance: « world insurance report 2017« . Celui-ci s’appuye sur un sondage international (Capgemini’s voice of customer) et s’intéresse cette année à 3 aspects:

  • La génération Y et son appétence pour les solutions digitales,
  • La notion de « Moment de Vérité » (« Moment of truth », les moments qui font basculer l’opinion d’un client sur sa compagnie d’assurance)
  • La coopération grandissante entre assurtechs et assureurs traditionnels qui permet d’exploiter les atouts des 2 types de structures.

Ainsi, et nous sommes en phase avec cette idée, il n’est plus seulement nécessaire d’investir dans l’innovation, mais il faut investir correctement.

Eléments clés à retenir de Word insurance report 2017

  • 1ère partie
    • La technologie digitale est désormais au coeur de la stratégie des assureurs
    • Le digital modifie également le panorama concurrentiel et, en élevant le profil des assurtechs, tire la transformation du secteur
    • Les assureurs conservent une longueur d’avance grâce à la confiance qu’ils inspirent
    • Avec chacun leurs forces respectives, c’est la collaboration qui s’installe entre assureurs et assurtechs
  • 2ème partie
    • Le déploiement des nouvelles technologies dans l’assurance transforme en profondeur les processus et apporte de la valeur aux assureurs et aux assurés
    • Les assureurs priorisent leurs investissements vers des solutions facilement intégrables dans leurs systèmes et qui ont un impact potentiel sur toute la chaine de valeur
    • L’innovation et la digitalisation sont susceptibles de répondre au tryptique Praticité, Agilité et Personnalisation
    • Pour une implémentation avec succès, les assureurs doivent investir dans un portefeuille de solution en synergie les unes avec les autres.

World insurance report 2017 détaille par la suite chacun de ces aspects.

La collaboration digitale redéfinit le secteur de l’assurance

La montée du digital dans l’assurance

Les assureurs ont acquis une expertise inégalée dans l’analyse des risques. La vague actuelle des nouvelles technologies, concentrées sur les besoins des clients, force les assureurs à se transformer. Aujourd’hui, les jeunes générations souhaitent avoir des solutions adaptées à leur mode de vie.  Plus spécifiquement, CapGemini constate des spécificités dans les attentes de ces groupes de populations. Ils les ont formalisées dans leur étude sur les « Moments de Vérité ».

world insurance report 2017

Plus précisément, CapGemini constate que la génération Y et le groupe des technophiles ont des comportements plus marqués, notamment sur la fidélisation et la probabilité d’acheter un produit complémentaire.

Cela confirme donc la nécessité de trouver des solutions pour atteindre ces attentes plus exigeantes.world insurance report 2017

CapGemini cite les exemple d’Aviva (app dédiée à l’accompagnement à la conduite), d’AllState (déclaration de sinistre avec Quick Foto Claim) ou encore de Meiji Yasuda Life (renforcement de la force de vente avec des tablettes intelligentes).

Le digital change-t-il l’environnement concurrentiel?

Les assurtechs permettent de dessiner de nouveaux modèles business, mais de manière plus profonde, elles tirent le marché sur le chemin d’une innovation de rupture. Quelques exemples:

  • Le comparateur Everquote propose une préselection des compagnies en fonction de l’analyse du profil de l’individu;
  • Les agrégateurs FinanceFox ou Brolly permettent d’avoir une vision à 360° des contrats des assurés;
  • BrightHealth propose de simplifier l’expérience patient en suivant la santé sur le smartphone;
  • Trov propose de l’assurance à la demande;
  • Enfin, Fabric cible les jeunes parents pour leur proposer des contrats d’assurance vie.

Chacun (assureurs / assurtech) a ses spécificités et ses atouts. Le schéma ci-dessous représente de manière graphique les avantages respectifs de chacun.

world insurance report 2017

La collaboration comme méthode d’évolution

La compétition a longtemps été la norme entre assureurs et assurtechs, mais la notion de collaboration devient de plus en plus prisée pour exploiter au mieux les forces. Le schéma suivant présente ces forces. Bien les connaître permet de garantir qu’on en profite au mieux.

world insurance report 2017

Différentes méthodes de collaboration sont envisagées:

  • Investissement / Prise de participation financière;
  • Partenariats stratégiques: tant au niveau de la distribution que de la construction d’offres par exemple;
  • Incubateurs: l’exemple de Kamet pour Axa invite des sociétés externes pour les aider dans leur développement;
  • Incubateurs internes: lorsque les équipes internes ont de bonnes idées, il faut être capables de les faire grandir hors des contraintes habituelles;
  • Acquisitions.

Parmi ces modèles, il s’avère que la collaboration pure est encore celle mise en avant par la plupart des acteurs.

world insurance report 2017

Conclusions

La priorité pour les assureurs traditionnels doit être de stimuler une culture de l’innovation et avoir une démarche « digital first ». La collaboration avec les assurtechs est une des clés de cette réussite.

3 thèmes apparaissent comme des leviers des « Moments de Vérité »:

  • Praticité
  • Agilité
  • Personnalisation

world insurance report 2017

Parcourir l’énigme de l’innovation

Les capacités des assurtechs ouvrent de nouvelles perspectives pour les assureurs

D’un point de vue client, les solutions proposées par les assurtechs révolutionnent la relation face-à-face historique par 4 biais:

  • Agrégateurs B2C: Ce sont les comparateurs, comme Insurify
  • Agrégateurs B2B: Propositions de solutions adaptées pour des clients professionnels
  • Intermédiaires P2P: Solutions collaboratives
  • Applications mobiles et chatbots

Les technologies émergentes agissent comme catalyseurs des assurtechs

Les technologies citées en exemple côté back-office sont:

Puis, d’autres, plus visibles du client, et donc côté front-office:

world insurance report 2017 world insurance report 2017 world insurance report 2017

Note: CapGemini ne prend pas trop de risques ici, car ils citent quasiment l’intégralité des technologies qui font l’actualité du moment!

Définir les priorités pour le futur

Afin de sélectionner les priorités pour le développement à venir, World insurance Report 2017 suggère de répondre aux 3 besoins essentiels des assurés: Praticité, Agilité, Personnalisation.

Pour ce faire, CapGemini propose 3 piliers, visibles sur le schéma ci-dessous:

  • Digitalisation, pour rechercher des améliorations dans la structure de coûts;
  • Data & analytics, pour rechercher un meilleur engagement client;
  • Assurance comme un service, afin de rechercher de nouvelles sources de revenus.

world insurance report 2017

Quelles solutions de digitalisation?

Les solutions préconisées sont:

  • Objets connectés: par exemple, avec Oscar pour la santé qui suit vos niveaux d’activité physique, ou Hippo pour la maison qui traque les fuites d’eau avant qu’elles ne provoquent des dégâts;
  • Automatisation de processus clés: les robots de Lemonade par exemple sont d’une redoutable efficacité, ou l’usage de drones pour résoudre plus rapidement les sinistres lors de catastrophes naturelles;
  • Smart contracts avec la blockchain: Les exemples de Dynamis et de SafeShare Global sont cités en exemple.
  • Solutions mobiles: Se concentrer sur des solutions uniquement mobile peut être pertinent, comme le propose Wrisk.
  • API ouvertes pour développer de nouvelles applications: Cela permet de bénéficier de la créativité de la masse des développeurs sur le marché. Le rapport cite uniquement MuHu.

world insurance report 2017

Quelles solutions autour de la data et des analytics?

Les solutions préconisées sont:

  • Construire des profils individualisés: on citera Amodo ou Mydrive solutions
  • Estimation/Gestion du risque individualisé: Cigna ou GOQii permettent de cibler les technophiles par exemple.
  • Analyses de la tarification: Sentiance et son partenariat avec Insurtech RISK est cité.
  • Identification des risques émergents: Praedicat analyse des millions de pages d’études scientifiques pour identifier de nouveaux risques.
  • Produits et services ciblés: par exemple Y-Risk
  • Service client augmenté par l’intelligence artificielle: Chatbots évidemment, mais aussi des solutions de préconisations d’offres comme Next Insurance ou Xtra chatbot d’Axa.

world insurance report 2017

Quelles solutions pour une assurance comme un service?

Les solutions préconisées sont:

  • L’assurance collaborative: par exemple la désormais bien connue Friendsurance;
  • Polices multi-risques: La solution proposée par Aioi Nissay Dowa Insurance Europe répond à ce critère;
  • Assurance à la demande: Slice Labs bien sur mais aussi Sure proposent des solutions intéressantes;
  • Assurance à l’usage (Usage-Based Insurance, UBI): Metromile ou Progressive entre autres proposent du Pay-As-You-Drive ou autre dérivé du genre.
  • Micro Assurance: BIMA ou Star Microinsurance;
  • Couverture flexible: C’est le principe du courtier grossiste, avec par exemple Bought by many ou GEICO;

world insurance report 2017

Comment avancer?

Tous les acteurs ont des priorités qui varient d’une année sur l’autre et en fonction de leurs niveau d’avancement. En revanche, tous sont confrontés à un contexte identique et la recherche de nouveaux modèles d’affaires (business models) est importante. Pour cela, il s’agit d’être en mesure de bien choisir quelles solutions mettre en avant.

Le schéma suivant présente, pour chaque modèle que pourrait envisager un assureur, les fonctionnalités ou solutions sur lesquelles il est pertinent d’investir.

world insurance report 2017

On constate donc qu’une seule solution ne peut répondre à tous les besoins. Par conséquent, il faut investir de manière raisonnée et cohérente dans un ensemble de solutions qui créent des synergies entre elles. (Note: Rien de bien nouveau, le dicton populaire dit bien: « Ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier »!).

Conclusions sur world insurance report 2017

Le rapport World insurance report 2017 apparaît parfois comme un catalogue à la Prévert de tout ce que le marché de l’innovation dans l’assurance comporte de solutions, sans parti pris, et on peut le regretter. Toutefois, il faut en conserver 2 choses:

  • Il a le mérite, dans ce catalogue, d’être assez exhaustif, et peu de choses manquent à l’appel
  • De nombreux exemples permettent d’illustrer les idées et de se faire sa propre opinion.

En bref, ils réussissent leur exercice à volonté pédagogique, mais ne vont pas plus loin!

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