PwC – Top Issues Insurtech

Le cabinet PwC a publié en mars 2016 un petit rapport (Top Issues insurtech) intitulé « Insurtech : a golden opportunity for insurers to innovate ». Celui-ci part d’un constat simple : le secteur de l’assurance a très peu évolué durant tout le siècle dernier, mais depuis moins d’une décennie, de nombreuses innovations sont venues bouleverser les business models, avec notamment 3 axes :

  • Attentes des clients : Les nouvelles technologies et les possibilités de comparaison ont aiguisé les attentes des clients en matière d’assurance
  • Rythme des innovations : le rythme s’accélère considérablement avec l’arrivée de nouvelles technologies et de nouvelles solutions.
  • Startups : Les barrières technologiques à l’entrée du secteur de l’assurance tombent progressivement avec l’ouverture des données et permettent à de nouveaux acteurs d’intervenir.

Les promesses des insurtechs

Le rapport s’ouvre sur un traditionnel état des lieux du marché des financements des startups dédiées à l’insurtech. PwC faisait déjà apparaître (rappel: le doc date de début 2016) une explosion des montants de financement. Ces chiffres étant désormais obsolètes, nous ne les commenterons pas en détail.

top issues insurtech

Cependant, il est essentiel de retenir qu’au-delà du buzz médiatique lié à ces startups, de véritables procédures de financement (notamment par des fonds de capital-risque) soutiennent l’essor du secteur.

Les impératifs business

Le cœur du rapport « top issues insurtech » réside dans un visuel qui présente, du client jusqu’au marché/environnement, les différents enjeux business auxquels les startups essaient de répondre.

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Deux axes sont envisagés par PwC concernant les opportunités du business : une vision externe et une vision interne.

Vision externe

Proposer des nouvelles offres pour répondre à la demande client

Les clients attendent des solutions de plus en plus individualisées et personnalisées. Autrement dit, le one-size-fits-all ne convient plus. Ainsi, il s’agit d’adapter les offres à ce nouveau contexte. Les offres à l’usage (Usage-based Insurance) répondent en partie à ces attentes, mais l’économie collaborative challenge plus en profondeur le marché et les couvertures traditionnelles. De plus, les startups ont une flexibilité plus importante (par l’absence d’historique) et peuvent donc exploiter tous les leviers de développement. Le rapport cite quelques exemple : Metromile et son assurance auto au km ou encore Bought by many ou Inspeer et leur assurance collaborative (peer-to-peer).

Améliorer les interactions et construire des partenariats de confiance

Les assureurs traditionnels doivent gérer la satisfaction des attentes croissantes malgré des systèmes historiques lourds ou qui manquent d’agilité. Au contraire, de nombreuses insurtechs sont désormais capables de proposer des services simples et légers et qui peuvent améliorer l’expérience client. Ainsi, il s’agit pour les assureurs de s’entourer des bons acteurs en achetant des solutions leur permettant d’exploiter au mieux les opportunités. Le rapport cite les cas des robo-advisors ou encore des agrégateurs spécialisés qui permettent de cibler en direct des niches de clientèle.

Augmenter les possibilités existantes et atteindre ces objectifs avec des relations stratégiques

Les assureurs ont toujours fait appel à des relations privilégiées avec des intermédiaires, distributeurs ou encore fournisseurs de services. Le choix de ces relations de partenariats peut être structurant et stratégique dans un environnement mouvant. Les prises de participations ou les partenariats permettent donc d’ouvrir de nouvelles fonctionnalités à moindre effort. Le rapport cite les cas de partenariats visant à pénétrer des marchés émergents via les services télécoms, ou des distributeurs plus flexibles (comme Flock).

Vision interne

Exploiter et analyser les données existantes pour générer de la valeur d’après les portefeuilles

Les assureurs traditionnels ont un avantage considérable sur tous les nouveaux entrants: la quantité de données collectées au fil des ans. Toutefois, il est désormais possible de compléter ce panel par des nouvelles informations, collectées en temps réel. Les insurtechs sont alors capables, à coût réduit de se constituer une base de connaissance et d’analyse de risque sur des segments restreints de marché. Le rapport cite les opérateurs d’objets connectés (tels Mnubo), de drones (Airphrame ou Airware) ou encore dans le domaine de la souscription d’assurance santé ou vie (P4 Medicine ou Lumiata).

Utiliser de nouvelles méthodes pour évaluer et souscrire les risques et prédire les pertes

Traditionnellement, et de manière simplifiée, l’assurance consistait à estimer un risque, le tarifer, puis après constatation des résultats techniques d’ajuster le tarif pour les années suivants. Il est désormais possible d’être plus dans l’anticipation et la prévention. Les données collectées, combinées à des modèles prédictifs ou de l’intelligence artificielle permettent de travailler autant sur la prévention des risques et non plus seulement la prévention des pertes. Le rapport cite le partenariat entre la compagnie sud-africaine Discovery et Human longevity pour offrir à ses clients une analyse du génome et donc identifier l’apparition de maladies (Note: Nous faisons abstraction ici des questions éthiques…). Nauto, à San Francisco fournit des informations contextuelles en cours de déplacement en fonction des données comportementales de conduite par exemple.

Améliorer les opérations par des capacités technologiques avancées

La performance des systèmes a longtemps été une barrière à l’entrée du milieu de l’assurance. En revanche, les nouvelles technologies, le cloud ou encore la robotisation et l’automatisation ont changé la donne. Il est désormais possible d’automatiser intégralement un processus de souscription en intégrant une analyse d’un certain nombre de sources de données de risques, ou l’application d’algorithmes de contrôle. OutsideIQ propose de l’intelligence artificielle as-a-service. Tyche propose une solution qui permet d’estimer le coût des sinistres.

Conséquences sur les interactions assureurs / insurtechs

Les assureurs peuvent donc appliquer différentes méthodes dans ce contexte vis-à-vis de ces insurtechs.

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  • Explorer / Découvrir: Suivi et veille des tendances et innovations, présence à des conférences pour être au courant en temps réel des derniers développements
  • Partenariat de développement: Autour de quelques cas d’usage, un assureur peut s’associer avec une startup pour concevoir un pilote. Il pourra le tester sur le marché avant un déploiement de plus grande ampleur.
  • Contribuer à la croissance et au développement d’une insurtech: les fonds d’investissement ou les incubateurs jouent un rôle important à ce stade.
  • Développement de nouveaux produits ou services: il s’agit alors d’intégrer les bonnes pratiques et idées du secteur dans son propre modèle opérationnel.

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